FRANCISCOLAND (à la poursuite du lapin blanc)

FRANCISCOLAND     (à la poursuite du lapin blanc)

TWIN PEAKS UNIVERSE, through the darkness of future past

SÉRIE / FANTASTIC TRIP EXPERIENCE                                         

DAVID LYNCH

 

Commençons aussitôt par la fin : TWIN PEAKS SAISON 3 !!! 

 

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Un régal !

 

C'est aussi ça le courage artistique.

Déjouer les attentes, quitte à faire fuir les fans de la première heure, et avancer seul en tête et en terrain vierge.

Bravo Mister Lynch !

Cette saison trois, que l'on pourrait baptiser le voyage de Cooper est un cauchemar somptueux, pilotée par la Black Lodge, totalement déroutant, souvent stupéfiant, parfois effrayant et merveilleusement hermétique.

 

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Impasses, fausses pistes, échappées oniriques et dérives glaçantes, bienvenue dans la psyché d'un authentique génie du septième art. C'est beau, angoissant, terrifiant et, souvent, très drôle.

Humour macabre, goût de la situation absurde étiré jusqu'à l'éloge de la lenteur, bienvenue dans un univers absolument et farouchement unique et aussi élégant que ténébreux.

Depuis quand n'avais-je pas éprouvé une telle sensation d'inédit devant un écran?

 

Twin Peaks saison trois est une excroissance que les uns pourrait trouver malade et les autre fascinante.

C'est du Lynch pur jus. Et oui, c'est bien Twin Peaks que l'on retrouve ici mais la forêt mystérieuse a prit de l'ampleur. C'est un monde totalement éclaté dans l'espace et le temps. Le conte funèbre de l'éternelle contagion du mal prend ici une dimension globale. L'avenir du monde se joue ici.

N'écoutez pas ceux qui prétendent n'y rien comprendre. Ici, il y a tout à ressentir et le cercle se refermera sans avoir dépouillé de son mystère cet univers fabuleusement flippant. Et c'est très bien qu'il en soit ainsi.

Laissez nous du mystère ! Surtout dans le monde où nous pataugeons aujourd'hui. Ce quotidien où tout et tout le monde s'étale grassement.

 

Lynch revient en libérateur des esprits !

Yes, yes and yes again !

Tremblez cartésiens, vous ne saurez jamais ce que chuchote Laura Palmer.

 

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Et puis il y a l'explosion de l'épisode huit.

Un satori cinématographique comme je n'avais pas vécu depuis 2001, le Solaris de Tarko ou Enter the Void. Un trip sidéral, cosmique, cosmogonique au delà de toute frontières, d'une beauté stupéfiante et d'une puissance terrassante. Un voyage halluciné et halucinant, atomique, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, débouchant sur le théâtre en noir et blanc d'une performance repoussant les limites de l'insolite. Des tableaux et des visions parmi les plus belles, tordues et poétiques du cinéma de Lynch.

N'oublions pas le travail chirurgical sur le son. Lynch en est le designer. Un travail électrisant qui trouve son prolongement dans la musique qui accompagne la série. Le réalisateur a lui-même signé plusieurs des chansons qui viennent boucler les épisodes. Instants où, comme dans les tragédies antiques, le choeur s'élève pour commenter et déployer l'intrigue.

Tout ce qui pourrait sembler cacophonique débouche sur un grand final nocturne (non je ne dirais rien) silencieux puis déchirant. Un moment de road-movie prodigieux où chaque seconde se vit comme une épiphanie artistique, le coeur broyé d'une irrésolvable et inconsolable nostalgie.

 

On traverse aussi dans cette saison 3, une foule de moment de grâce  à partir de micro éléments ou d'un seul détail.

On y trouve l'amour du texte et des personnages.

L'adieu à la femme à la buche est d'autant plus bouleversant que l'actrice y annonce sa propre fin. Une mise en abîme renversante apportant à la série une dimension hors-norme. La série perd son messager et l'instant de recueillement qui s'ensuit souligne que dans ce monde (comme dans le nôtre) il faut accepter d'avancer sans repères et se soumettre au final, au grand mystère.

 

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Au-delà de l'étrange, du morbide voir de l'horreur, la contagion féérique opère malgré tout et l'amour absolu de la fiction triomphe au final. Dans ce monde de signes et de sentiers ouverts sur l'inconnu et les ténèbres, le roi David s'amuse comme un fou, porté par l'intelligence d'écriture et l'humour ravageur de l'auteur Mark Frost.

Ainsi va Twin Peaks. Le maître a délibérément jeté la clef d'une l'intrigue labyrinthique infusant doucement dans l'ombre de la chambre oubliée d'un motel invisible. Mais attention, le coeur de cet univers résonne au coeur du nôtre.

 

Tout cela n'a rien de bankable et ne peut séduire les foules avide de divertissements confortablement prévisibles. C'est un monolithe surgie d'une zone à la fois polaire et obscure, chaude et glacée, émettant un chant totalement envoûtant et convoquant toute les figures du cinéma de Lynch. C'est ainsi, l'esprit du papa d'Eraserhead et Blue Velvet est celui d'un génie et son âme n'est pas à vendre.

 

Alors, est-ce une série ou un grand film?

Le débat est stérile.

Twin Peaks est tout simplement un pur objet d'art.

Grandiose, opaque et universel.

Beaucoup de visiteurs sont restés à la porte mais ce monde est pourtant généreux et gigantesque.

Il y a de la place pour tous. Le mode d'emploi pour y entrer tient en deux mots:   Lâcher-prise

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

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Dans la matrice. Saison 1 & 2.

 

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Laura Palmer.

Lycéenne (à priori) modèle retrouvée morte sur une plage par une froide matinée d'hiver...

Une petite bourgade de montagne aux abords d'une forêt sombre et profonde.

La femme à la buche

Le manchot

Le géant

Albert, Le médecin légiste du FBI  à l'humour ravageur... 

 

Une galerie de personnages inoubliables. 

Et pour mener l'enquête " jusqu'aux sources du mal ", un agent du FBI amateur de tarte aux cerises et n'appréciant son café que "noir comme une nuit sans lune":

L'agent Dale Cooper.

 

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Que résonne La musique d'Angelo Badalamenti et cet univers ordinaire et chaleureux traversé de cauchemars terrifiants et d'étranges visions vous happe et vous transporte 22 ans en arrière quand la diffusion de chaque épisode était un moment aussi sacré que l'instant ou Perceval a chopé le Graal ou que Wilbur Right a prit son envol...

Alors imaginez l'instant ou le fan de cette série glisse le premier disque dans son lecteur... 

La série culte de David Lynch qui a enflammé l'étudiant que j'étais au début des années 90 est désormais disponible dans un sublime coffret  Blu-ray. 

Tant sur la forme que sur le fond voici l'achat indispensable pour les fans.

 

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Coté image, même datée, la restauration est inespérée pour une production de plus de 20 ans. 

 

Les tournages en numérique n'existaient pas encore, et le grain 35mm et le format 4/3 ont été soigneusement conservés. Vous n'aurez pas un piqué digne d'un True Detective mais la précision et le niveau de détail sont à la hauteur de l'attente. Une image douce mais propre aux couleurs éclatantes. Quelques baisses de régime ici et à mais elles semblent inhérentes aux conditions de tournage. (les cadences et les contraintes ne sont pas les mêmes en télé qu'en cinoche) Coté son, si comme moi vous ne regardez qu'en vo vous aurez droit à un "vaste et ample" rafraichissement.

 

En plus des deux saisons vous trouverez le film sorti en 1992  Twin Peaks Fire Walk With Me" Les sept derniers jours de Laura Palmer dans un nouveau transfert 4K beaucoup plus convaincant que celui sorti chez MK2  fin 2010. 

Coté bonus, une foule d'entretiens passionnants, des photos, et surtout (je vais encore évoquer le Graal) 90 mn de scènes inédites du film (prévu à l'origine sur près de quatre heures!) qui méritent sacrément le détour...

 

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22 ans après, même si l'ensemble a prit son petit coup de vieux, forcément, le charme est absolument intact. 

Les trouvailles visuelles et narratives abondent et l'on reste encore soufflé par la modernité de certaines séquences proches parfois de l' expérimental façon Eraserhead.

Ce basculement Lynchien entre l'univers propret du doux foyer américain aux abîmes de la folie et de la violence reste toujours aussi efficace, angoissant et fascinant. Pour certains personnages et situations en revanche, le poids des années  prête aujourd'hui à sourire.

Mais comment bouder son plaisir?L'humour côtoie le macabre souvent en une même séquence et le spectateur se retrouve rapidement comme Alice poursuivant le Lièvre de mars. 

Plongé que nous sommes, et avec délice, dans un monde  ou les repères s'effacent doucement les uns après les autres.

 

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C'est qui qu'a tué Laura Palmer?!??

 

Lynch ira plus loin que le pitch de départ. 

Après avoir répondu à la question dans le premier tier de la saison 2,  la série va continuer pour interroger les origines du mal. Libérés du carcan d'une enquête traditionnelle, le fantastique gouverne alors jusqu'au loufoque le plus débridé. Mais, il faut bien le reconnaitre, sans jamais renouer avec l'intensité de la première saison.

Nous allons donc descendre  bien soigneusement au coeur des ténèbres mais, attention, éclairés par l'humour décalé et la folle élégance de Dale Cooper. A noter les caméos irrésistibles de David Lynch himself en boss du FBI sourd comme un pot et balançant ses infos à pleins poumons, même les plus confidentielles.

 

Alors oui Twin Peaks a vieillit.

Mais comme un bon cru.

Charpenté et savoureux.

Difficile de trembler de nouveau quand True Detective ou Bates Motel sont passés par là depuis, mais cette oeuvre reste indéniablement une date dans l'histoire de la télévision.

Fascinante, drôle, inventive et d'une liberté toujours aussi rafaîchissante. Twin Peaks a ouvert de nouvelles voies et une nouvelle exigence en matière de fiction télévisée. Il est important de rendre hommage aux pionniers.

Il faut rappeler qu'à l'époque de sa diffusion, on n'avait tout simplement "jamais vu ça".

Ouais, c'est culte et toujours vénéneux.

 

Through the darkness of future past

The magician longs to see

One chants out between two worlds

Fire walk with me.

I'll catch you with my death bag.

You may think I've gone insane, but I promise I will kill again!

 

 

 

 Francisco, 

 

 

 

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                                                         Photo David Lynch on Twitter - janvier 2015

 

 

 

 

 

Le mystère Lynch

 

Entretien conduit par le réalisateur Mike Figgis.

 


 

 

 

 

 

 

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TWIN PEAKS

1990-1991

1992 (Fire Walk with Me)

THE RETURN  (2017)

 

 

LES BLU-RAY : 

 

Coté image, concernant les saisons 1 & 2, la restauration est inespérée pour une production de plus de 20 ans. Les tournages en numérique n'existaient pas encore, et le grain 35mm et le format 4/3 ont été soigneusement conservés. Vous n'aurez pas un piqué digne d'un True Detective mais la précision et le niveau de détail sont à la hauteur de l'attente. Une image douce mais propre aux couleurs éclatantes. Quelques flous et baisses de régime ici et à mais elles semblent inhérentes aux conditions de tournage. (les cadences et les contraintes ne sont pas les mêmes en télé qu'en cinoche)

 

Concernant la saison 3, tournage numérique oblige (source 3,2 et master 4K), la perfection est au rendez-vous.

L'absolue précision et la chaleur de la photographie vont sérieusement débrider vos écrans. C'est un pur émerveillement, une extase rétinienne qui fait presque jouir. Les séquences en noir et blanc confinent au sublime. Vous n'avez rien vu de pareil. À découvrir au coeur de la nuit pour profiter des nuances infinies. Le sortilège Twin Peaks est sur vous et vous hantera longtemps...

 

 

 

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Si traquer le mal en série ne vous fout pas les jetons, vous aimerez peut-être:

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19/12/2015
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