LES HEURES LIBRES

LES HEURES LIBRES

HEAT, this is a Mann's world !

Cathédrale du polar   Chef-d'oeuvre    Culte    Casting de légende
Michael Mann 

 

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                           Concept Art      Terrence Brankin

 

 

 

 

 

 

 

 

- So you never wanted a regular type life?

- What the fuck is that? Barbeques and ballgames?

 

 

Nirvanesque.

Retour sur ce must du polar.

25 ans après sa sortie en salles, Heat reste la fascinante confrontation de deux monstres sacrés du cinéma américain. Pacino / De Niro. Deux pros, à l'écran comme à la ville. Le regard et les silences du braqueur Neil McCauley s'incarnent dans l'élégante intensité de Robert De Niro. Face à lui, Vincent Hanna. Le Tempérament volcanique du lieutenant est transcendé par l'énergie électrique d'Al Pacino. Deux jouissives performances. Deux manière de dévorer les scènes. Deux rôles-costards taillés sur-mesure.

La mise en scène de Mann nous épargne le " duel d'interprétation" et ne les fait jamais apparaitre ensemble dans le même plan mais uniquement dans le rapport champ-contrechamp. Ils les imposent alors comme totalement complémentaires. L'un n'existant pas sans l'autre. Autour de ces deux guerriers solitaires, une galerie de seconds rôles campés par Val Kilmer, Tom Sizemore, Jon Voight, Ashley Judd, Amy Brenneman, Wes Studi,  Danny Trejo et j'en oublie. Excusez du peu...

Des femmes de caractère et le gratin du badass Hollywoodien.

 

Dès le générique d'intro, Heat déroule ainsi son casting fantasmatique. Welcome au Festival du charisme. Voilà pourquoi, malgré un rythme qui s'offre le luxe de la lenteur, ces deux heures quarante cinq de film passent comme un charme. 

Polar idéal et, à postériori, adieu glorieux au meilleur du cinéma américain. Il y a eu depuis quelques beaux hommages comme The Town de ben Affleck, ou plus bourrin comme Criminal Squad, mais jusqu'à présent, personne n'a jamais fait mieux.

 

Sur le fond, Michael Mann, également scénariste, impose sa marque de fabrique.

Un socle scénaristique ultra-documenté tiré d'une véritable enquête (qui inspira au réalisateur un premier téléfilm en 1989 L.A Takedown)  L'ex flic et acteur Dennis Farina fut consultant pour  le personnage de Pacino. Coté braqueurs c'est l'ex taulard et écrivain Ed Bunker (vu dans Réservoir Dogs et Animal Factory) qui apporta épaisseur et crédibilité aux actions et personnages du gang De Niro. De l'écriture au montage Heat respire la maîtrise...

 

 

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La réalisation découpe l’action avec la même rigueur que ses protagonistes.

Les expérimentations visuelles  de Collateral (2004) et Miami Vice (2006) l'ont amplement distancé depuis, mais l’élégance de la mise en scène à toujours fière allure (Procurez-vous la Definitive Edition de 2017, c'est un ordre!Posée et enveloppante dans les moments intimes. Gros plans, courtes focales et  lignes de fuites étirées à l'extrême dans les moments de tension. Caméra-épaule et steadycam dans les grands instants de bravoure telle l'hallucinante fusillade en plein coeur de Los-Angeles qui nécessita à elle seule deux semaines de tournage. Du mouvement, certes, mais parfaitement maitrisé et sans recours à ce procédé stupide et gerbeux de la "caméra secouée" (technique déplorable qui permet aujourd'hui à n'importe quel tâcheron de masquer son incapacité à découper correctement une scène d'action)

 

Maitrise... et contrôle.

Coeur et moteur de Heat.  Ferment de la mécanique des personnages iconiques de Mann depuis Le SolitairePortraits de professionnels totalement dévoués à leur Art. 

Pacino, flic en permanence sur la brèche, tenace et totalement accroc à son job mais dont la vie personnelle est carbonisée. 

De Niro, précis, calme et méticuleux. Mais le code de conduite et le système de  valeurs qui ont régi sa vie volent en éclat par l'intrusion de deux personnages. Une femme  qui  "le touchera au coeur" et   l 'incontrôlable"  serial killer "Waingro", intrusion dévastatrice et ferment du chaos dans  l'organisation  "millimétrée" du maître braqueur. 

Les histoires d'amour qui accompagnent l'intrigue non rien de scotchées, bien au contraire. Elles apportent l'ampleur et l'oxygène nécessaires à la cadence du récit grâce au talent d'Amy Brenneman et Ashley Judd. Chacune parvient, en une poignées de scènes, à étoffer admirablement les enjeux du scénario comme les motivations des personnages principaux. La justesse des dialogues entre ses hommes dévoués à leur art et leurs compagnes donne la mesure des sacrifices qu'imposent ces vies "sur la brèche".

 

Deux mots, à présent sur la scène culte.

Ce petit tour au café où deux géants ayant enflammés les plus grandes fresques criminelles de Coppola, Scorsese ou De Palma sont assis face à face. Deux personnages se "livrant" l'un à l'autre dans un dialogue qui fait s'épouser deux trajectoires. Deux philosophies jusqu'au-boutistes mais finalement similaires. Chacun suivra sa voix "à sa manière". Qu'elle qu'en soit l'issue aucun des deux ne fera de compromis. On pense alors à l'engagement de De Niro et Pacino dans l'exercice de leur métier. Deux immenses carrières d'acteur ayant traversées, à ce moment de leur carrière, trois décennies de cinéma avec un professionnalisme exemplaire (la suite sera plus... alimentaire, jusqu'au sublime et mélancolique chant du cygne que sera The Irishman)

Le regard qu'ils s'échangent à la fin de cette scène culte porte la somme de ces expériences fabuleuses. Ce grand moment de cinoche joue pleinement de la légende cinématographique qui les auréole et confine forcément à l'instant de grâce. Et comme voici le moment d'ajouter une illustration, voici donc l'image que vous ne verrez pas dans le film. les deux légende dans le même plan :

(C'est juste pour le plaisir, ok? )

 

 

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 Je le disais, deux parcours antagonistes mais deux trajectoires similaires au final. 

Au final, ces deux hommes ont tous les deux perdu leur vie. Deux silhouettes se poursuivant dans la nuit, sous le tonnerre des avions décollant vers un ailleurs auquel ils n'auront jamais accès...  Un coup de feu fatal, une main tendue. En un regard, Pacino pose un magistral point final à cette marche funèbre dont l'universalité échappe au cadre du polar.

 

Heat est et restera une tragédie contemporaine.

Une oeuvre absolument atemporelle et fédératrice, idolâtrée à travers le monde par tous les cinéphages et "polarvores" dignes de ce nom. Un royal trip offert aux amoureux de ce grand cinoche américain qui braque nos émotions, dit tout de la vie sans phrases ni postures et transcende le blues de nos tristes destinées de la manière forte. 

C'est un peu emphatique tout ça, mais, franchement, un tel film mérite de balancer  un petit paragraphe poids-lourd. Allez-y, découvrez (veinards!) ou revoyez cette bible et méditez entre deux orgasmes rétiniens sur le destin, les choix, la loyauté, l'amour et la mort, en bout de piste.

 

Ainsi mais-je parlé de Heat. 

L'indéboulonnable Moderne-Urban-Solitude-Gangsta-Tragédie.

Melville aurait pris son pied face à cette rude et élégante bande de Samouraïs.

Il l'a sans doute regardé de là-haut. 

Bien calé au milieu des étoiles.

 

 

 Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Style                                                                                                                                 The nerdwriter

 


 

 

 

 

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Chroniques    Mann

 

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1995

2H50

 

LE BLU-RAY (remastérisation 4K) :  Dès le premier plan de nuit (pourtant flou) on se dit qu'il se passe quelque chose. De nouveau éléments de décor se délivrent en arrière plan. Les contrastes et les couleurs sont plus soutenus. Puis surgissent les plans de jour et la netteté ne cesse de ravir. La précision et le niveau de détail sont sans comparaison avec le Blu-ray précédent. Pour tous ceux qui possèdent un grand écran (140 / 165) l'écart sera flagrant. L'image est d'une stabilité sans failles et gagne autant en relief qu'en profondeur. Dès la scène de braquage du fourgon on sait que l'on va enfin redécouvrir dans les meilleurs conditions possibles LE polar définitif. Le poids lourds brille de tous ses chromes, tout est propre et net. La sensation de se trouver face à un vrai Blu-ray et non devant un bon dvd upscalé est cette fois bien réelle. Alors, certes, nous somme devant un film de 20 ans d'âge et non devant une tuerie numérique façon Fast and Furious mais le grain est subtil et la haute précision est de nouveau au rendez-vous, même dans les scènes de nuit traités ici d'une manière fantastique. (le plan de l'hélicoptère au dessus des lumières de LA, juste avant le premier face à face entre Pacino et De Niro, ne m'est jamais apparu aussi beau)Bref, Heat s'offre une vraie cure de jouvence.

Vous trouverez quelques spécimens de râleurs psychotiques du net pour prétendre que l'image à été légèrement recadrée "C'est un scandale! il manque un bout de palmier en haut à droite du plan numéro 72 et un bout de camion à gauche à 11mn 27 secondes et 3 images, c'est une honte!!! Remboursez!!!" "Ouais, je vais garder mon premier transfert tout mou et presque flou parce qu'il est bien plus fidèle !!!" Oubliez ces remarques absurdes. Supervisé par le maître et son chef-op ce nouveau transfert offre la meilleure copie disponible pour redécouvrir ou faire connaitre aux nouvelles génération cette cathédrale du polar.

Les autres attaques que j'ai pu lire concernent l'abandon de la piste son (que je trouvais totalement surgonflée) de l'édition précédente mais la VO 5.1 de cette Definitive Edition offre une belle spatialisation. Ça envoie encore du lourd lors de la fusillade en plein centre-ville.

Non, la vraie grande nouvelle c'est que la photographie du grand Dante Spinotti ( LA Confidential, Public Enemies) délivre enfin toutes ses nuances tout au long de cet admirable travail de remastérisation.

Voici vraiment et sans discussions un traitement HD digne du chef d'oeuvre !!!

 

Au menu:

Tout plein de Bonus

- Questions & réponses avec l'équipe du film :
- Présentation organisée par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences en septembre 2016 (60')
- Présentation au Festival International du Film de Toronto en 2015 (35')
5 documentaires :
- "Crime réel", portrait du vrai policier et des criminels qui ont inspiré le film
- "Histoires de crimes", l'histoire du scénario et comment le film a eu le feu vert
- "Dans la fournaise", le tournage du film, formation du casting, tournage de la scène clé du braquage au centre ville, et la post-production
- "Pacino et De Niro : la conversation", analyser la scène de confrontation mythique
- "Retourner sur les lieux du crime", revisitez les vrais lieux des scènes à L.A. quelques années plus tard
11 scènes coupées...

 

Director:

 

Writer:

 

 

 

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27/12/2015
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