FRANCISCOLAND cinoche, amour, orages et épopées

FRANCISCOLAND    cinoche, amour, orages et épopées

BLADE RUNNER 2049 more human than humans

SF

DENIS VILLENEUVE

 

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Un seul plan.

Il suffit que l'oeil s'ouvre, hommage au premier opus,  pour que l'on comprenne que Denis Villeneuve a fait "son" film. À l'obscur et épais brasier du monde original de sir Ridley succède le reflet d'un monde gris et froid.

Nous entrons sur une terre désolée d'après l'apocalypse.

L'ancien monde a définitivement disparu.

 

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Le film peut alors voler de ses propres ailes tout en se nourrissant sans cesse des échos puissants du chef-d'oeuvre de Scott. C'est là tout le paradoxe et le miracle de cette suite longtemps considérée comme impossible. L'univers est neuf avec une forme, des couleurs décors et lumières qui lui sont propres mais le scénario tout entier repose sur l'héritage du premier film.

La fuite de Deckard et Rachel a donné naissance à un espoir fou pour tous les humbles de cet univers totalitaire. Celui de l'adieu aux hommes et de l'avènement des réplicants. Esclaves plus qu'humains. Un enfant est né de leur union. Ce qui a été créé a créé à son tour. L'acte prométhéen qui sous-tend toute l'oeuvre de Ridley Scott (producteur de cette suite) trouve ici son avènement.

Un miracle et tout recommence.

 

Ainsi, le "réplicant" du film de Scott fait plus que s'affirmer, il prend le pouvoir.

À l'image du sublime personnage de K.

Je fais un petit pas de côté au sujet de ce nom. Cette seule lettre évoque selon moi les personnages des récits de Kafka sur l'aliénation et la solitude de l'individu. Récits d'êtres souvent baptisés K. Des être solitaires, en quête de sens et irrémédiablement broyés par un système écrasant...

K. Un personnage solide admirablement défendu par Ryan Gosling. Son visage que l'enfance n'a jamais déserté est idéal pour incarner ce "Pinocchio se rêvant humain". Son interprétation toute en intensité et fragilité se calque admirablement sur celle de l'Harrison Ford d'il y a trente-cinq ans. Il joue avec subtilité le calme robotique s'ouvrant petit à petit à l'épreuve du doute et de la grâce. Cette aspiration à être et à aimer qui bouscule et éveille.

Car, plus qu'une énième oeuvre de SF dystopique, Blade Runner 2049 est aussi une histoire d'amour.

Le personnage virtuel du programme JOI et son interaction de plus en plus prononcée épousant l'éveil intérieur de K ouvre des perspectives vertigineuses sur la définition de l'âme.

Qu'est-ce qu'être humain? l'amour et le sacrifice sont-ils la clef? illusions et chimères peuvent'elle s'incarner jusqu'à prétendre au réel? de l'implant et de la programmation peut-il éclore une âme?

 

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Les questions posées par Blade Runner 2049 ne sont plus des interrogations de visionnaires. Elles concernent bien notre époque. Ce carrefour où l'homme est en passe de "verser son humanité" à l'intelligence artificielle.

Le retour de Deckard fait alors figure d'avertissement.

Deckard. Racine de l'univers. Portant sur son visage fatigué, au milieu des décombres du Vegas de Presley et Sinatra, la nostalgie poignante du monde d'avant. Figure mythique et paternelle dont l'absence et la présence hantent le film bien avant son apparition à l'écran.

 

À mon humble avis, la quête existentielle du personnage de K signe un des plus grands films de l'incroyable Denis Villeneuve qui a ce don de transcender tous les genres qu'il aborde (hé Denis, à quand un bon petit western?) 

Son film, d'une beauté sans égal au milieu des pétaudières tout en CGI d'aujourd'hui, il le doit également à l'incroyable direction artistique de l'ensemble et au chef-opérateur Roger Deakins qui a fait corps avec le projet est s'est une nouvelle fois réinventé en creusant les ombres et en faisant danser la lumière. Une froideur et une précision qu'il a su réchauffer et habiller de mystères.

 

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La partition de Hans Zimmer dressant le pont avec l'univers sonore matriciel de Vangélis, c'est au rythme d'un songe, avec une ampleur et un étirement du temps et de l'espace qui évoquerait presque un film d'Antonioni que se déploie Blade Runner 2049.

Film d'auteur à grand spectacle.

Tel qu'apparu le film de Scott en 1982

Et tout comme pour son ainé, le temps seul lui accordera sa juste place.

Quelque part, au Valhalla de la SF.

 

 

-  If you have authentic memories you have... real human responses. Wouldn't you agree?

 

 

 

 

 

 

 Francisco,

 

 

 

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Toute la matière du rêve


 

 

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L'avis des potes


 

Nico     " Un film honnête, sincère, à la fois personnel et respectueux de ses origines..... mais...... il manque quand même ce truc génial et indescriptible qui te grave une œuvre dans la tête au pyrograveur.... le regard de Harrison? La poésie désespérée de Roy Batty ? Cet environnement riche et grouillant? Ou ce formalisme hérité du film de détective noir du grand Hollywood avec femme fatale, chapeau moi, Jack Daniels, et lumière qui filtre au travers des personnes...? Ou juste mon âge bien différent entre les deux opus.... En tout cas pas de doute C'est bien du CINÉMA !!!!!!! "

 

 

 

 

 

 

Chronique des origines


 

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BLADE RUNNER 2049

2017

2H40

LE BLU-RAY :   Beaucoup de featurettes dispensables mais l'info est bien là : Blade Runner 2049 est un "vrai" film avec de la matière. Villeneuve ne s'est pas reposé sur les fonds verts mais l'exigence admirable de la direction artistique a  donnée ici du travail à des décorateurs et maquettistes de génie. Et le résultat se voit sur l'écran! Fini la désagréable sensation de cinématique de jeu vidéo qui polluait le dernier Star Wars. Ici les textures et détails ne trompent pas. La lumière et les cadres du chef-op de légende Roger Deakins délivrent toute les richesses de cet univers avec une précision orgasmique. Le pied intégral de la première à la dernière image.

Nous tenons bien là le top démo du moment.

Director:

Writers:

(screenplay by), (screenplay by) | 2 more credits »

 

 

 

 

 

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17/02/2018
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