Les Chroniques Ciné de Francisco

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DUNE, retour aux choses sérieuses

SF / SPACE-OPERA

DENIS VILLENEUVE

 

 

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Monumental.

Tout ici est monumental et, forcément, pour animer cet ensemble, d'ores et déjà classé historique, le casting se doit d'insuffler sueur, sang, tripes et émotions au gigantisme minéral et sableux de cet univers d'une sublime austérité. À ce propos, après une décennie d'une SF trop souvent Marvelisée en fluo avec blaguounettes en rafales, ce retour "aux choses sérieuses" a quelque chose de profondément rassurant. Là-dessus, je ne vais pas bouder mon plaisir. Sauf que ...

le sérieux vire souvent au pontifiant. Les postures de jeu de ce casting quatre étoiles rajoutent souvent au caractère empesé de l'ensemble. La parabole sur l'infinie avidité des êtres et le dangereux virus du pouvoir sur fond de ruine  écologique vire alors à l'évangile un poil pétrifié.

 

 

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Sinon, on se calme et on y va quand même.

Parce que oui la mise en scène, la photographie et les décors sont absolument fabuleux. Aucun cinévore digne de ce nom ne peut regretter le voyage au pays du plus grand cinéma. Le découpage technique est une leçon de cinéma. On imagine que le tout a été hyper préparé et storyboardé au millimètre. Le travail paye : chaque plan est un tableau. La sensation d'immersion au sein d'un nouvel univers est totale. Mais lorsque j'entends ici et là que Villeneuve a signé sont Lawrence d’Arabie galactique je préfère m'arrêter un instant. 

En effet on oublie un peu vite que cette oeuvre cultissime de soixante ans d'âge repose non seulement sur le fait que personne n'a mieux filmé le désert que David Lean mais que son statut tient aussi sur les épaules d'un acteur fascinant, sublime Peter O'Toole, défendant un personnage aux multiples facettes jouant sa  partition aussi bien à l'ombre qu'au soleil avec un talent égal. Dans le cas de Dune, même si je sais que nous sommes un peu obligé aujourd'hui de trouver Chalamet absolument génial dans tout ce qu'il fait, je reste circonspect. Je ne sens aucunement  l'aura "messianique" du personnage de Paul Atreides dans l'interprétation mâchoire serrée et balai dans le cul du jeune Timothée. Idem pour le reste de la distribution.

Personne n'est mauvais mais tous sont un peu au théâtre. Plus tragédiens que comédiens. C'est noble, certes, mais ça fige un peu. Sauf, et là j'insiste, l'imposant et furieusement sympathique Jason Momoa qui insuffle force, humour et passion à la figure westernienne de Duncan Idaho et une magnétique Rebecca Ferguson dans le rôle de Lady Jessica dont le regard enflamme l'écran. Ils sont un peu les seuls à filer de salvateurs coups de pied au fondement de ce grandiose, mais un chouille rigide, livre d'image. La présence de la charismatique Zendaya reste trop fantomatique et les apparitions de Javier Bardem et Dave Bautista trop rares pour dynamiter le show. Heureusement les vers sont vraiment géants et avec la musique plus le travail titanesque sur le son le ticket de cinoche est, je le disais, largement rentabilisé. Bon, peut-être que tout cela s'animera encore plus lors du second volet qui devrait raisonnablement voir le jour compte-tenu du succès en salles.

 

 

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J'ai également apprécié les clins d'oeil à Apocalypse Now dans la composition Kurtzienne de Stellan Skarsgard en méchant empereur Vladimir Harkonnen. Cela apporte une touche d'humour bienvenue face à la gravité de la symphonie. Je me permets cette petite référence musicale en passant car oui, la musique est, disons... omniprésente !  Qu'ils traversent un couloir, grimpent dans un vaisseau ou boivent un coup, le tout est systématiquement arrosé d'une musique tonitruante. Ce n'est pas que la partition de Hans Zimmer est mauvaise, loin de là (ses variations orientales et la présence de cornemuse sont franchement scotchantes) c'est juste que l'excès devient indigeste. D'autant que la magnificence du spectacle n'a pas forcément besoin de ça. Dans cette imposante "austérité" le silence serait certainement en or massif. C'est un peu pour tous ces effets de manche que je suis sorti du cinoche plus assommé qu'emballé.

 

Soyons bien d'accord, visuellement Dune c'est de la bombe dont les images nous hantent très longtemps après la projection mais sur le fond (pour le moment et après une seule vision) j'ai largement préféré la richesse narrative et la profondeur des personnages de son Blade Runner 2049. Dune ça reste quand même la première source d'inspiration de la saga Star Wars et j'avoue que les histoires d'Empereur maléfique, de Force, d'Élu et de vaillante résistance provoquent en moi un léger assoupissement. Pour le dire poliment, j'en ai un peu ma claque de ces randonnées ultra-balisées. 

 

Pour résumer mon humble et dérisoire point de vue je dirais ceci : Le Dune de Lynch m'avait plutôt consterné, celui de Villeneuve est grand, somptueux dans ses effets, mais fragile dans ses raideurs. Ah, j'oubliais, c'est un tout petit peu chiant aussi. J'espère sincèrement réévaluer cette chronique à l'avenir (me laisserais-je alors séduire par ses dimensions opératiques?) parce que, franchement, je salue l'ambition. 

 

 

 

Francisco, 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

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Chroniques    Villeneuve


               
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Liens Wikipedia

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2021

 

2h35

 

Réalisation : Denis Villeneuve

 

Scénario : Eric RothJon Spaihts et Denis Villeneuve, d'après le roman de Frank Herbert

 

Musique : Hans Zimmer

 

Direction artistique : Tom Brown, David Doran, Samy Keilani, Tibor Lázár, Karl Probert et Gergely Rieger

 

Décors : Patrice Vermette

 

Costumes : Bob Morgan et Jacqueline West

 

Photographie : Greig Fraser

 

Montage : Joe Walker

 

 

 

 

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08/10/2021
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