LES HEURES LIBRES

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RIDERS OF JUSTICE, la vengeance est un plat aux mille saveurs

Revenge-movie   Polar   Drame   Comédie 
Anders Thomas Jensen

 

 

 

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Encore une perle !

Coup de coeur, donc chronique.

Après le savoureux Drunk de Thomas Vinterberg, voici que débarque ce Danois autant que réjouissant polar hors piste à l'humour macabre. Riders of Justice est signé du réalisateur de la comédie bien barrée Men & Chicken (2015). Pour son cinquième long-métrage en vingt ans, Anders Thomas Jensen s'est une fois de plus adjoint les services de son acteur fétiche, à savoir la définition même du charisme : Mads Mikkelsen! Présent au générique de tous les films de ce réal aussi à l'aise dans le comique que dans le tragique, on profite ici à plein d'une complicité fructueuse entre le peintre et son modèle.  Tête rasée, barbu et blanchi par des années de service dans l'armée son personnage électrise l'écran et contribue au magnétisme de ce métrage qui ne ressemble à aucun autre. Sensation ô combien délicieuse.

L'histoire?  Markus se retrouve seul avec sa fille après la mort de sa femme dans un accident de train du genre suspect. Rapidement, cet impressionnant gaillard se lance, en irrésistible autant qu'étrange compagnie, dans une quête de vérité puis de vengeance implacable. Sa longue expérience de soldat d'élite va transformer les scènes d'action en brèves et intenses séquences d'exécutions. Et allez, c'est reparti ! Encore un revenge-movie?!!

 

 

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Ben non. Pas là.

Enfin si, mais pas vraiment. Sans rien dévoiler, disons que  deux heures durant, tous les clichés du genre sont rapidement torpillés par des ruptures de ton aussi gonflées qu'efficaces. On passe des yeux humides et de la gorge serrée au franc éclat de rire avant de se mettre à grincer des dents. Polar, drame, comédie le réalisateur et scénariste jongle en permanence. Riders of Justice devient presque un "spectacle de clowns" aussi violent que désopilant et parfois même déchirant.

Avec sa galerie inoubliable de personnages fracassés et un style foudroyant il signe une balade criminelle qui évoque autant le cinoche des frères Coen que les dernières pépites ovniesques du polar belge. Le tout royalement emballé par une réalisation de sniper et une photographie au scalpel signée Kasper Tuxen (the Professor and the Madman). Les scènes d'action sont aussi redoutables d'efficacité que s'imposent avec grâce les moments d'intimité où chaque personnage révèle ses blessures.

Traumatisés, "endeuillés"ces Riders of Justice délivrent aussi un portrait de famille dysfonctionnelle. Une communauté de blessés de la vie où chacun  tente de se reconstruire. Ensemble ils vont composer une "Justice League" du pauvre déviante à souhait et tenue par un super-héros au bord de l'explosion.

 

Disons-le encore une fois, si l'ensemble du casting est un régal, Mads Mikkelsen est ici absolument gigantesque. L'acteur de La Chasse, Drunk, After the Wedding, Valhalla Rising ou la trilogie Pusher est l'emblème du cinéma danois à lui tout seul depuis plus de quinze ans. Et franchement, cette nouvelle incarnation de "guerrier silencieux" le place encore une fois aux plus haut des cieux de la badasserie qui bouleverse. Dans Riders of Justice chacun gère son "deuil" comme il peut, mais chez lui, d'un simple regard, on sent bien monter l'ébullition.

 

 

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Le film avance ainsi, d'une émotion à l'autre et de tensions en explosions.

Vous serez scotchés, émus, amusés, déroutés. Bref, vous serez de retour au cinéma. Ce septième art avec lequel je passe mon temps à me réconcilier, entre deux séances de purges affligeantes de paresse et médiocrité mêlées. Ce savant et virtuose mariage d'images, de dialogues, de musique et de sons qui, lorsque l'alchimie opère, vous balade et s'amuse avec vous pour vous abandonner ravis et un peu orphelin.

Oui, orphelin. Parce que les vraies surprises sont rares et qu'une petite bombe comme celle-ci n'explose pas tous les jours sur votre écran. Non seulement je réalise combien ce film aurait largement mérité une sortie en salles (vive les distributeurs français, toujours  plus courageux et visionnaires dans leur programmations) mais je sais aussi, en éjectant ce Blu-ray top-démo du lecteur,  qu'il me faudra encore bouffer bien des navets et plats surgelés avant de goûter de nouveau à la haute gastronomie. 

Alors ouais, merci Anders Thomas Jensen de m'avoir décongelé la plume pour rendre hommage à cette brûlante et savoureuse leçon de cinoche qui nous rappelle qu'il est toujours dramatique de se faire piquer son vélo et que la vie est bien une farce résolument tragique.

À table !

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2020

 

1h55

 

Le Blu-ray :   Immaculé. Luxe de détails et couleurs au service d'une photographie somptueuse. Le triomphe de l'image numérique lorsqu'elle est travaillée par un esthète. Son idoine. Pure tuerie !

 

 

 

 

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20/02/2022
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