FRANCISCOLAND cinoche, amour, orages et épopées

FRANCISCOLAND    cinoche, amour, orages et épopées

LES FLICS NE DORMENT PAS LA NUIT rien n'a changé

POLAR / DRAME

RICHARD FLEISCHER

 

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C'est vieux, oui, mais c'est bon et c'est culte.

45 ans après, rien n'a changé.

Même ultra-daté seventies côté décors et fringues, les parcours de ces trois jeunes flics, en brigades de nuit, tout frais sortis de l'académie, font écho aux mêmes souffrances des flics d'aujourd'hui. Premiers témoins de la détresse sociale leur parcours de désillusion est le même que ceux développés dans les meilleurs films et cop-séries d'aujourd'hui.

 

Violence, misère, drogue, alcoolisme, divorce, solitude, suicide, tout est déjà là, filmé à hauteur d'homme et sans jugement par le grand Richard Fleischer.

Si la photographie naturaliste du grand pro venu de la télévision Ralph Woolsey ancre le film dans le réel, la rigueur du découpage des séquences et de la mise en scène au cordeau de maître Fleisher ne laisse pas de gras. Le film se déroule avec une précision d'horloger.

Justesse sur tous les plans.

 

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Côté écriture on part quand même d'un bouquin, The New Centurions (titre original du film), écrit par un ancien flic Joseph Wambaugh dont la plume est trempée dans l'expérience.

Tout sonne vrai et les faits de ces chroniques de flics s'inspirent de d'authentiques faits-divers. Pas de courses poursuites ni de cascades vertigineuses. On parle ici de bébé maltraités, de violence conjugales ou de braquages minables. Le scénariste qui a adapté tout cela n'est pas en reste. Stirling Silliphant est quand même le type qui a signé Dans la Chaleur de la Nuit, L'Aventure du Poséidon, La Tour Infernale ou Tueurs d'Élite. le type idéal pour tisser efficacement de jolis noeuds dramatiques et dessiner de solides personnages sans se perdre dans le sordide ou la complaisance.

 

Côté personnages, puisque le sujet central est d'abord l'humain, les deux piliers ici sont :

Un Stacy Keach en début de carrière tout frais sorti d'une interprétation particulièrement convaincante de Doc  Holliday dans le western du même nom et de son rôle de boxeur raté dans le magnifique Fat City de Huston. Sa carrure imposante et son regard profond imprègnent bien l'écran et parvient à s'imposer face au monumental George C. Scott.

Cet acteur magnétique et nerveux irradiant d'increvables chefs d'oeuvre comme Patton, Docteur Folamour ou L’Arnaqueur porte en lui cette rigueur militaire (il intégra le Corps des Marines dès l'âge de 18 ans et y resta quatre ans) qui l'impose sans effort dans le rôle du vieux flic aux portes de la retraite. Il ajoute ici une sensibilité puis une fragilité qui bouleversent. Son rôle, peut-être pas le "meilleur" de sa carrière mais en tout cas son plus "émouvant", porte tous les tourments de l'homme raisonnable et loyal dans un monde qui s'écroule.

La séquence où lui et son coéquipier Stacy Keach embarquent les prostituées pour leur éviter une nuit de tapin est une véritable petite leçon d'humanisme débarrassée de toute mièvrerie.

Parfait mariage de grand cinéma et de docu-fiction.

 

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Le duo est accompagné par une belle galerie de seconds rôles.

On y croise deux grandes actrices. Jane Alexander dans le rôle de la femme de Keach (elle fera par le suite une belle carrière en télévision) et Rosalind Cash dans le rôle de sa nouvelle compagne (disparue trop tôt dans les années 90, elle tournait ici son troisième film après Klute et Le Survivant et fera elle aussi carrière sur le petit écran).

Toutes deux trouvent ici de belles scènes à défendre. Deux présences féminines non pas décoratives mais bel et bien déterminantes dans le parcours du jeune personnage principal. C'est toute l'élégance de ce genre de films, verouillé à son sujet, où personne ne vient faire de la figuration mais ou tout le monde défend son art.

 

Nous croiserons également, aux côtés de nos héros tristes et fatigués, un tout jeune mais déjà intense Scott Wilson (il deviendra le vieil Hershey dans The Walking Dead).

Les quinquagénaire reconnaîtront également le jeune latino Erik Estrada (futur héros de la série Chips). Bref, que du beau monde pour défendre une oeuvre qui s'impose aujourd'hui comme une des références de la chronique policière, rigoureux comme un French Connection et aussi humain que Fort Apache the Bronx (Titre français : The policeman, avec Paul Newman)  

 

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Richard Fleischer, le grand réalisateur de 20 000 lieux sous les mers, les Vikings, Le Voyage Fantastique, L'étrangleur de Boston ou Terreur Aveugle allait réaliser Soleil Vert l'année d'après.

Nous entrions là dans la plus passionnante décade du cinoche américain.

Un certain Taxi Driver allait révolutionner le polar urbain quatre plus tard.

Sincère, sobre et douloureux, Les flics ne dorment pas la nuit en porte les germes.

Aussi humble que brillante, voici une oeuvre à conserver précieusement.

 

 

 

 

 

 Francisco, 

 

 

 

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LES FLICS NE DORMENT PAS LA NUIT

(The New Centurions)

1972

1h40

LE BLU-RAY     Copie nettoyée, étalonnage des couleurs restauré avec soin, grain seventies respecté, cette petite merveille du grand Richard Fleischer a été dignement traitée.

Compte tenu de l'âge et de l'aspect naturaliste de la photographie (beau travail du chef-op Ralph Woolsey, un grand pro qui oeuvra sur près d'une quinzaine de série télé dans les années soixante) nous sommes loin des standards actuels en terme de définition et de piqué mais le résultat reste confortable à l'oeil.

Sur un écran de 140 ou un 165 de diagonale,  le rendu sera proche d'un excellent dvd

(Mais on le trouve aujourd'hui à moins de dix euros, so...)

Director:

 

Writers:

(screenplay), (novel)

 

 
 
 
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10/05/2018
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