LES HEURES LIBRES

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NO COUNTRY FOR OLD MEN, jusqu'à l'os

Thriller bouillant    Survival                                  
Coen brothers

 

 

 

 

 

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 (Chronique mise à jour en février 2022) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brillantissime.

Sec et sans fioritures.

No Country For Old Men c'est tout simplement le spectacle de la mort en marche, terrassante, inévitable, auquel personne n'échappe. C'est l'Ankou des plaines du Texas personnifié avec un talent monstrueux par un Javier Bardem impassible, grotesque et ... terrifiant. (Qui d'autre que lui pourrait nous tétaniser avec une coiffure aussi ridicule?, à moins de tomber nez à nez avec Mireille Mathieu dans ton salon, en pleine nuit, tenant un couteau à la main) Face à lui le Texan Josh Brolin, totalement à l'aise dans ses bottes, et un Tommy Lee Jones royal en shérif désabusé dont le visage fatigué exprime à merveille la faillite de la justice et le cancer de la résignation face à ce monde de loups où les agneaux n'auront jamais fini de morfler.

Parce que oui, philo Coen oblige,, la cruauté et le goût de l'absurde assaisonnent tout le métrage. On peut aujourd'hui considérer que toute leur filmo conduit logiquement vers le récent Macbeth de Joel (2021). Résonne ici aussi la célèbre réplique de Shakespeare résumant notre sinistre condition en un "récit plein de bruit et de fureur, conté par un idiot et qui n'a pas de sens".

 

Perfection de l'interprétation, dialogues écrits au couteau, violence brute et sèche, lumière écrasante et nuit abyssale, les frères Coen nous offrent ici avec cette pointe d'humour ravageuse la Sixtine du "survival". Mix grandiose du polar rural au western. L'essence du cinéma Américain montée en graine et arrosée d'une fine pluie acide. Et le tout servi avec cette touche de poésie noire qui nous cloue au fauteuil.

 

 

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En quelques plans de paysage et une voix off mélancolique venue d'outre-tombe le ton est donné et le climat de maîtrise formelle évident. La certitude d'entrer dans "un grand film" prend rarement plus de temps. Tout est en place pour ce qui reste pour moi le sommet des frangins Coen, aux cotés du féroce et hilarant Fargo. C'est parfois drôle mais le plus souvent cruel et suffocant, jusqu'au final d'une noirceur impériale.

 

Ces deux génies à l'humour macabre délivrent ici une mise en scène ample et fluide, presque Fordienne, dans l'évidence de son découpage.  Compagnon de longue date, le grand Roger Deakins assure une direction photo impériale. Le désert est somptueux et les ombres découpées au scalpel. C'est beau à crever. Un habit de prince pour cette oeuvre aussi dense qu'épurée, aussi violente que silencieuse. Parce que l'image est la seule musique du film que le montage ordonne avec une précision et un tempo d'horloger. Une grand claque aux hystérique du film d'action. Nul besoin de mitrailler le spectateur de plans inutiles et bâclés pour susciter l'angoisse ou booster la tension. No Country for Old Men c'est la calme assurance des maîtres de cinéma imposant leur savoir-faire et inscrivant avec une intelligence redoutable leur oeuvre dans une éternelle modernité. Dans vingt ans les cinéphiles prendront encore un belle leçon de cinoche. Le cinéma de genre élevé au rang d'art noble. Sur le fond, la leçon blanche et glaçante de ce parcours nihiliste est universelle.

Posséder dans sa blu-raythèque No Country relève de l'obligation. La précision de l'image est nécessaire. Les acteurs, charismatiques à souhait, admirablement photographiés et dirigés, gagnent encore en présence. Un écrin idéal, en attendant le 4K, pour savourer ce joyau noir. Le son est essentiellement frontal mais c'est à l'image du film lui même : Un scénario implacable qui avance droit vers l'enfer.

 

-  Mister? You got a bone stickin' out of your arm.

-  Let me just sit here a minute.

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monstre

 

 

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Deakins  

 

 

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Coen    chroniques   

 

 

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2007

2H

  

Le Blu-ray :  Un grand moment de bonheur.  Contrastes et piqué de haut vol,  image d'une précision chirurgicale. Attention les yeux !

 

Réalisation

,

Scénario

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30/10/2015
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