EN GUERRE "Nous ne bougerons pas !" - Les Chroniques ciné de Francisco. Carnets de route d'un passionné sur les terres du Cinoche! et un r

FRANCISCOLAND amour, cinoche, orages et poésie

FRANCISCOLAND    amour, cinoche, orages et poésie

EN GUERRE "Nous ne bougerons pas !"

DRAME

STÉPHANE BRIZÉ

 

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Un cri de rage.

Un magistral coup de poing en pleine face.

En Guerre vous saisit par son réalisme et sa justesse dès la première séquence pour ne plus jamais vous lâcher. Mille merci à Stéphane Brizé de nous offrir une vraie leçon de cinéma réalité. Frénétique, viscérale, sa mise en scène libère "le chaos" avec une virtuosité sidérante.

 

Tourné comme un doc et sans fausses notes le récit implacable du combat de ce leader syndical, formidablement défendu par le fidèle Vincent Lindon (quatrième collaboration avec Brizé) prend au tripes .

Sa lutte acharnée et désespérée pour sauver l'emploi des 1100 salariés de son usine dit tout sur la violence et le cynisme de la loi du marché. Une logique de fond où les dividendes accordés aux actionnaires pèsent plus que l'avenir de centaines de femmes, d'hommes et de familles.

La logique n'est plus de faire des bénéfices mais de faire des "bénéfices-monstres" en délocalisant à tour de bras pour aller toujours là où le coût du travail est le moins cher. Ce revers terrible de la mondialisation que les politiques nous vendaient comme une utopie, un "rééquilibrage planétaire" fait chaque mois des milliers de victimes.

En Guerre évoque ceux de Continental, Moulinex et bien d'autres, populations ouvrières sacrifiées à qui l'on a demandé de cravacher pour "rester compétitif" le temps de préparer ces délocalisations qui les laisseraient sur le carreau, sans le moindre égard.

 

L'État est là pour apporter son soutien "moral" aux ouviers. Un soutien de facade. Une impuissance planquée derrière l'argument de "la liberté d'entreprendre" qui serait aussi  importante que "la liberté de fermer". Un message aux investisseurs qui ne dit pas autre chose que " vous pouvez y aller, maltraiter nos ouvriers et leurs familles, au final nous ne feront rien contre vous ni vos méthodes".

 

Le discours est désespéré mais il est lucide.

Pour avoir suffisamment couvert ce genre de reportages je peux vous confirmer que tout ici sonne vrai. 

 

 

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Les méthodes de la direction restent invariables. Laisser le mouvement s"épuiser puis proposer des "efforts" sur les primes pour créer de l'impatience et de la division. L'objectif est de parvenir à briser l'unité des mouvements pour que les "affaires" reprennent le plus rapidement possible.

Cette fracture du mouvement déroule les séquences les plus déchirantes du film. Tout le mécanisme de destruction économique et social est ici expliqué et démontré de manière percutante.

En Guerre est un film à défendre, à recommander à tout le monde, à montrer dans les lycées mais surtout à montrer aux politiques.

Par son jusqu'au boutisme et son intensité En guerre est d'abord un film courageux avant d'être un "film engagé. En Guerre résonne puissamment. Comme un signal d'alarme.

Parce que l'heure est grave.

Ce modèle économique, ferment de rage et d'humiliation, cynique, aveugle et sourd aux attentes et réalités "sociales", finira véritablement par tuer.

 

Bravo Stéphane Brizé !

Bravo d'honorer ainsi le combat des "résistants" d'aujourd'hui

Bravo pour cette saine colère

Car, oui, nous sommes bien en guerre.

Les victimes sont innombrables et le massacre va continuer.

 

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

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Un film à conserver.

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EN GUERRE

2018

1h50

Réal:

Stéphane Brizé

Scénar:

Ralph Blindauer (collaboration), Stéphane Brizé (screenplay) | 3 more credits »

 

 

 

 

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04/11/2018
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