LES HEURES LIBRES

LES HEURES LIBRES

"Sr." ROBERT DOWNEY, tel père tel fils

Doc
Chris Smith

 

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Une belle éclaircie en pleine insomnie.
C'est comme ça que je me suis pris, la nuit dernière, cette petite merveille de doc. Un hommage de l'acteur Robert Downey Junior, Iron Man for ever, à son vieux papa. Robert Downey Senior, ténor du cinéma US underground des années 70. 

Entre moments de vie, mise en scène, archives, extraits de films de famille et de métrages du paternel, nous traversons par fragments toute une vie par et pour le cinéma. Une passion vécue par toute la famille le plus souvent dans une ambiance de franche déconnade. Souvent pour le meilleur, parfois pour le moins drôle. Du rire aux yeux qui piquent, voilà un doc joyeusement bordélique, foutrarque mais sans cesse vibrant d'amour, d'humour et d'intelligence.

 

Le montage, dans de fréquentes mises-en-abîmes, superpose les points de vue entre le regard du père et celui du fils. L'un étant aussi cabotin que l'autre, ces exercices d'auto-analyse et de remises en perpective de ce que l'on vient de regarder visent à faire tomber les masques derrière les hilarantes pitreries. Cette sensation d'être embarqué dans un flux de pensées anarchique nous fait épouser le mouvement de la vie. Autant dire qu'il s'agit là d'un spectacle rare et précieux. Une belle tranche de vie franchement généreuse et revigorante, tant pour le coeur que pour l'intellect.

 

 

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C'est tout le talent du réal Chris Smith que de savoir accompagner ces deux-là en se mêlant à leur jeux pour mieux laisser exploser à l'écran cette bouleversante complicité qui les unit depuis toujours. Sur un montage et une réal aussi "libres et décontractés" que ses "personnages" le film  nous atteint rapidement en plein coeur.

On peut saluer le tour de force accompli par ce documentariste déjà auteur du génial Jim et Andy (2017) sur l'incroyable symbiose de Jim Carrey dans le rôle d'Andy Kaufman pour The Man on the Moon de Milos Forman. Parvenir à dresser le portrait croisé de deux esprits indomptables, cultivant l'art de la dérobade et se plaisant à envoyer promener la raison comme la maladie, sans aucune sensiblerie ni jamais perdre de vue l'essentiel : traduire le pouvoir réparateur et consolateur de toute création, rendre hommage à une certaine idée de la liberté, évoquer les phases d'une carrière de l'ivresse de l'indépendance à l'aliénation des grands studios.

C'est aussi un doc qui nous parle de la vie, de la maladie et de la mort sans jamais abandonner la suprême élégance d'en rire (prière d'aller jusqu'au bout du générique de fin). Ne jamais oublier que nous nous pointons ici-bas pour bricoler deux trois trucs avant de disparaître. Aucun raison de se prendre au sérieux. Alors autant prendre du bon temps. Là, je vous invite à suivre 1h30 durant une déclaration d'amour d'un fils à son père et vice-versa. 1h30 surprenantes, insolites, marantes, tendres, sincères, profondément émouvantes et, au final, bouleversantes. 1h30, en famille.

 

 

 

Francisco,

 

 

  

 

 

 

 

  

 

2022

 

1H30 

 



04/12/2022
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