FRANCISCOLAND. à la poursuite du lapin blanc !

FRANCISCOLAND.     à la poursuite du lapin blanc !

MR 73, un Marchal en enfer

POLAR                                        

OLIVIER MARCHAL

 

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Mal-aimé. Dénigré.

Dans notre époque proprette et toute lisse il est vrai que ce genre de polar fait tâche.

Et pourtant. MR 73 c'est le meilleur du polar coréen mais façon Marchal.

C'est J'ai Rencontré le Diable revisité par Melville.

Ouais, vous avez bien lu, je considère MR comme un un chef d'oeuvre de noirceur, trempé dans le crime et la folie.

Olivier Marchal, ex flic devenu scénariste puis réalisateur,  a simplement ressuscité le polar en France.

Il aurait pu continuer pépère mais après le luxe, le panache et la férocité d'un 36 Quai de Orfèvres vibrant de santé, le voici qui entre en maladie et plonge au fond du gouffre jusqu'à s'aventurer sur les berges de l'horreur et du fantastique.

Les décors sombres et poisseux dressent la cathédrale de ce polar gothique sur laquelle la pluie ruisselle comme des larmes. Les nuits abritent tous les démons et la lumière du jour aveugle. C'est toute la rage et les plaies de Marchal qui sont ici exposées et ce, sans jamais chercher à être élégantes ou polies.

J'aime ce cinoche d'exorcisme qui n'a pas peur de l'excès. On peut trouver tout cela boursouflé, mais c'est la boursouflure d'après les coups. C'est la paupière gonflée du boxeur qu'il faut bien ouvrir pour que le match continue.

 

Tout au long de cette descente en enfer, avec pour seuls guides un immense Daniel Auteuil (son dernier grand rôle hors de sa zone de confort?) et une Olivia Bonamy à fleur de peau, la terreur gangrène le récit grâce aux apparitions terrifiantes d'un monstrueux Philippe Nahon. 

MR 73, est le récit transfiguré et sublimé par une vraie vision de cinéaste d'un sordide fait-divers auquel Marchal fut confronté dans ses années de jeune inspecteur. Comme chez tous les grands cinéastes la barbarie se déroule hors-cadre mais les scènes de crime et les affrontements restent éprouvants.

Graphique, intense, dans une atmosphère d'apocalypse, la violence est souvent opératique.

Le romantisme noir de Marchal est porté ici à son paroxysme.

 

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Un spectacle, violent et désespéré à la photographie somptueuse (fidèle Denis Rouden).

Sept ans après, le cinéma Français ne m'a pas encore offert son équivalent.

On tient un must du polar crépusculaire.

Après un 36 vigoureusement emballé, puissamment cinématographique mais encore respectueux des codes du genre, Marchal a donc lâché les chiens. Il peint ici au-delà du sombre.

Il perce le coeur des ténèbres et fait grogner ses démons.

 

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À l'écran, le résultat est totalement fascinant et restera comme un indémodable ovni du polar Français.  Une déclinaison cauchemardesque du conte de fée ou une princesse traumatisée ne doit son salut qu'à un prince alcoolique, épuisé mais dernier humain dans un monde définitivement corrompu.

Se déploie ici une forme de "réalisme poétique" sous cocaïne.

Et, putain, qu'est ce que c'est bon !

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

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Making of

 

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L'AVIS DES MEMBRES

 

FNAV  :    Je me suis demandé comment j'allais écrire ce commentaire... Peut être parce que je touche plus prêt que les autres ce monde là... Olivier Marchal, tout le monde le connait en tant que réal, et au final peut de gens savent qu'il fut flic à la DRPJ Versailles puis à la crim' puis aux RG en charge de l'AT... C'est en ça que ses films ont une saveur toute particulière. MR 73 il faut savoir d'ou ça vient, c'était la dénomination administrative du révolver Manurhin en dotation dans la police avant changement pour la Marque SIG SAUER. On voit bien ici l'influence de l'arme, compagnon du policier dans sa vie professionnelle et même des fois privée (...). Le quotidien des fonctionnaires de police aujourd'hui est d'une difficulté telle, qu'elle ferait avoir des centaines voire des milliers d'infarctus ou plus légèrement arrêts de travail à certains autres fonctionnaires administratifs avec les yeux rivés sur la fameuse horloge... Je veux dire par là que la réalisation de ces deux films (36 quais des orfèvres et MR73) plonge le cinéphile dans la dure réalité de ce métier. Cet homme qui sombre, la hiérarchie qui se défausse d soutient attendu, tout cela n'est que le miroir de ce qui se passe aujourd'hui. La peur de l'enquête administrative suite à un tir riposte par exemple, la menace de la suspension etc etc... Ce commentaire ressemble plus à un plaidoyer qu'à un avis, mais il me semble juste de reconnaitre aujourd'hui le travail difficile d'hommes et de femmes qui n'ont pas choisi de se faire insulter, caillasser, frapper!!!

Du respect... du respect!!! 

À BON ENTENDEUR,

 

 

 

 

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MR 73

2008

2H05

 

Le Blu-ray :  Incroyable de précision. Piqué chirurgical et son dantesque. La HD fait exploser le talent du dernier grand réalisateur de polars en France. 

Réalisateur:

 

Scénario:

 
 
 
 
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06/11/2015
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