LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO

LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO

MOTHER! the dying of the light

CAUCHEMAR EXPRESSIONNISTE

DARREN ARONOFSKY

 

 

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Mother est un chef-d'oeuvre de dinguerie.

Vous saisissez des les premières minutes que vous n'entrez pas dans un film d'horreur ou d'épouvante

Ne venez pas ici vous foutre la trouille en bouffant du pop-corn. N'attendez pas non plus le remake du Rosemary's Baby de Polanski comme on pu l'écrire certains petits amateurs d'étiquettes.

Non, ce film n'est ni cool, ni divertissant et encore moins confortable. 

 

Dans le cinéma digital d'aujourd'hui où "le lisse" a gangréné autant la forme que le fond, Mother! est un acte de résistance carrément éprouvant. Mais quel bonheur!

Pour qui aime le vrai cinéma, voici un pur et vrai film d'auteur.

Une oeuvre d'art sans concession à la patine admirable.

Folie expressionniste construite en spirale, à l'image du célèbre tableau "Le Cri" d'Edward Munch, Mother est la toile d'une apocalypse intérieure transfigurant le réel.

 

L'inclassable réalisateur de The Wrestler, Black Swan ou The Fountain, nous fait de nouveau dégringoler jusqu'en enfer et d'une manière aussi jusqu'au-boutiste que dans son terrifiant et magistral Requiem for a Dream. Tout comme dans Requiem "l'expérience cinématographique" est d'abord intense et fascinante puis littéralement frénétique. Un grand-huit névrotique totalement transcendée par les prestations d'immenses acteurs. À commencer par celle de Jennifer Lawrence sur les épaules de laquelle repose tout l'équilibre de ce "rêve fébrile". Au propre comme au figuré.

Dans cette mise en image incroyable toute en vision subjective nous ne quittons jamais le point de vue de l'actrice principal. Et son visage de poupée effarée brûle l'écran.

 

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Au talent de cette actrice magnifique s'ajoute le travail du fidèle directeur photo d'Aronofsky, Matthew Libatique. Il mérite tous les éloges et les oscars. Une lumière ouatée et un grain puissant hantent tout le métrage et dessinent la texture du rêve comme du cauchemar.  Un voile de fièvre qui dans l'hystérique et stupéfiante dernière partie nous file la sensation d'assister à une véritable projection mentale.

Saluons également le décor de cette maison perdant petit à petit "son étanchéité". Univers claustrophobique mais aux lignes de fuite infinies où les ouvertures et les fenêtres ne freinent jamais le regard.

Nous sommes bien au coeur d'une oeuvre d'art.

Là où rien  ne se fige.

Où rien n'est laissé au hasard.

 

Cauchemar fantasmatique vertigineux, tour de force cinématographique virtuose et déjanté, Mother! nous plonge ainsi au coeur de la vision parasitée et des hallucinations d'un esprit malade.

Récit panique d'une hystérie primaire et de l'infraction du réel, Mother! peut être revue indéfiniment.

Les niveaux de lecture sont innombrables.

Chronique hallucinée et hallucinante d'une psychose débouchant sur une impasse shizophrène autant qu'allégorie d'un monde malade, ce film exigeant a forcément peiné à trouver son public. Mais ne vous en privez pas. Il résonne comme la dernière supplication d'un génie à l'adresse de nos sociétés rongées de l'intérieur, aveugles à l'autre, adulant de fausses idoles et vouées à l'embrasement généralisé.

Parce que Mother! est d'abord une oeuvre de colère.

Un Cri né d'un monde aveugle et sourd.

Un monde étroit, ferment de rage.

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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MOTHER!

2017

2h

LE BLU-RAY :      Fuck le lisse numérique!   Voici le grand retour du grain qui rhabille, le triomphe du super 16 transformant tout en songe halluciné et hallucinant. Une image de caractère dont la HD permet de savourer toute la matière et la texture. Un top démo de caractère!

Director:

 

 

 

 

 

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26/01/2018
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