LES HEURES LIBRES

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KODACHROME, avant que tout disparaisse

Feel good movie   Road movie   Drame
Mark Raso

 

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Encore une sympathique surprise du côté des productions Netflix.

Kodachrome. Road-feel-good-movie réalisé sans génie mais proprement est avant tout porté par la présence irradiante du grand Ed Harris. Forcément impérial dans le rôle d'un bon vieux photographe sociopathe et père indigne. C'est un peu le fardeau du génie en art. Quand l'engagement total, la rage et le désespoir prennent le pas sur le vivre-ensemble. Ben, intelligent, vif et talentueux n'en a rien à foutre de tout le cirque ambiant. Son regard est acéré mais il a oublié de le poser sur son fiston. Il est même passé carrément à côté. Vous sentez venir le noeud dramatique?

 

Parce que dans tout bon feel-good movie il y a du drame.

Ici, Ben est frappé d'une saloperie de cancer. Un truc inopérable qui ne lui laisse que quelques semaines à vivre. Il a un dernier souhait filer au dernier labo, avant fermeture, capable de développer de précieuses pelloches Kodachrome. Et pour road-mover ce délicieux personnage direction le Kansas il sera accompagné... par Matt, son fiston!

Matt est joué par le sympa comme tout Jason Sudeikis (vu dans la série The Last Man on Earth, Downsizing et dont le talent explosera en 2020 dans le rôle titre de la délicieuse série feel-good Ted Lasso) Mais pour éviter le face à face et muscler le duo le voyage se fera en compagnie de l'infirmière. Elzabeth Olsen, qui a marqué des points depuis le solide Wind River, vient ajouter le charme au drame. Parce qu'il est d'abord question d'amour ici. 

Certes, il n'y a pas de quoi se relever la nuit. Vous ne serez jamais bluffé par l'originalité ou les rebondissements du récit, mais la balade, plaisante, se fait en bonne compagnie.

 

 

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Sur le thème éculé du "dernier voyage", le parcours offre la dernière occasion de réconcilier Ben et Matt. Apprendre que dans la vie chacun fait ce qu'il peut et, la plupart du temps, égoïstement et n'importe comment. Du coup, sans pardon point de salut.

Une navigation pépère sur le paisible océan des clichés et des bons sentiments.

Le solide vrai plus vient, j'insiste lourdement, du charme et de l'élégance de la distribution. Mon tout va même carrément décoller lors d'une dernière partie, disons-le, plutôt émouvante.

 

Et puis, amies et amis cinévores, on cause aussi ici de la mort de l'art "à l'ancienne".

Ce passage du grain qui réveille au lisse qui fond et roupille. Ce reflux progressif de la matière et de l'objet vers le grand tout numérique et hygiénique du monde de demain. La tristesse de ce vieux "routard de l'argentique" face à la disparition du rouleau Kodachrome s'exprime lors d'une solide réplique:

 

- ... People are taking more pictures now than ever before, billions of them, but there are no slides, no prints. Just data. Electronic dust. Years from now when they dig us up there won't be any pictures to find, no record of who and were or how we lived. Puis de conclure " comment aimer ce que l'on ne peut saisir?"

 

On ne va pas s'étendre sur la résonance de cette phrase (rapport au fameux noeud dramatique) Je trouve le symbole assez beau. 

Voilà, Kodachrome est pour moi un cool moment de home-cinoche. Idéal pour réchauffer un après-midi pluvieux ou un dimanche soir.  Surmontez le premier quart d'heure un poil agaçant et partez en balade! C'est bien écrit, joué, éclairé et filmé. Et là c'est le moment de conclure en précisant que la chaude et profonde photographie d'Alan Poon bénéficie, forcément, d'un tournage sur une bonne vieille pelloche Kodachrome 35 mm.

Nostalgie, quand tu nous tient chaud.

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grain de plaisir 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2017

1H40

L'image :  L'impérial flux HD de Netflix rend grâce à la photographie chaude et colorée. Tournage sur pellicule Kiodachrome 35 mm oblige, ce retour d'argentique au grain discret est un régal. Une image qui à une âme et de la matière.

 

 

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28/04/2018
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