LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO

LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO

KODACHROME avant que tout disparaisse

FEEL-GOOD MOVIE

MARK RASO

 

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Encore une chouette surprise du côté des productions Netflix.

Kodachrome. Un road-feel-good movie porté par la présence irradiante du grand Ed Harris. Forcément impérial dans le rôle d'un bon vieux photographe sociopathe et père indigne. C'est un peu le fardeau du génie en art. Quand l'engagement total, la rage et le désespoir prennent le pas sur le vivre-ensemble. Ben, intelligent, vif et talentueux n'en a rien à foutre de tout le cirque ambiant. Son regard est acéré mais il a oublié de le poser sur son fiston. Il est même passé carrément à côté. Vous sentez venir le noeud dramatique?

 

Parce que dans tout bon feel-good movie il y a du drame.

Ici, Ben est frappé d'une saloperie de cancer. Un truc inopérable qui ne lui laisse que quelques semaines à vivre. Il a un dernier souhait filer au dernier labo, avant fermeture, capable de développer de précieuses pelloches Kodachrome. Et pour road-mover ce délicieux personnage direction le Kansas il sera accompagné... par Matt, son fiston!

Matt est joué par le sympa comme tout Jason Sudeikis (vu dans la série The Last Man on Earth et Downsizing) Mais pour éviter le face à face et muscler le duo le voyage se fera en compagnie de l'infirmière. Elzabeth Olsen, qui a marqué des points depuis Wind River, vient ajouter le charme au drame.

Parce qu'il est d'abord question d'amour ici.

 

 

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Vous l'avez bien compris, ce dernier voyage offre la dernière occasion de réconcilier Ben et Matt.

Que chacun apprenne que dans la vie chacun fait ce qu'il peut et, souvent, n'importe comment. Sans pardon point de salut. On navigue certes au pays des clichés et des bons sentiments mais le voyage est sublimé par le charme et l'élégance de la distribution et le tout décolle carrément lors d'une dernière partie profondément émouvante.

 

On cause aussi ici de la mort de l'art "à l'ancienne".  Le risque de la disparition de la matière et de l'objet vers le grand tout numérique et hygiénique du monde de demain. La tristesse du vieux routard de l'argentique face à la disparition du rouleau Kodachrome pour le virtuel s'exprime lors d'une solide réplique:

- ... People are taking more pictures now than ever before, billions of them, but there are no slides, no prints. Just data. Electronic dust. Years from now when they dig us up there won't be any pictures to find, no record of who and were or how we lived.

Et de conclure " comment aimer ce que l'on ne peut saisir?"

On ne va pas s'étendre sur la résonance de cette phrase (rapport au fameux noeud dramatique)

Je trouve le symbole assez beau.

 

Voilà

Kodachrome est pour moi un bon moment de home-cinoche.

Idéal pour un après-midi pluvieux ou un dimanche soir.  Surmontez le premier quart d'heure un peu agaçant et partez en balade!

C'est bien écrit, joué, éclairé et filmé. Et là c'est le moment de conclure en précisant que la chaude et profonde photographie d'Alan Poon bénéficie pleinement d'un tournage sur une bonne vieille pelloche Kodachrome 35 mm.

Nostalgie, quand tu nous tient.

 

 

 

Francisco,

 

 

 

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On y retourne ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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KODACHROME

2017

1H40

L'imageL'impérial flux HD de Netflix rend grâce à la photographie chaude et colorée. Tournage sur pellicule Kiodachrome 35 mm oblige, ce retour d'argentique au grain discret est un régal. Une image qui à une âme et de la matière.

 

 

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(based upon an article by), (screenplay) | 1 more credit »

 

 

 

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28/04/2018

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