Les Heures Libres

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BENEDETTA, pas de miracle

Drame     Histoire vraie
Paul Verhoeven 

 

 

 

 

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Je vais faire court.

Après Elle, crucifié en ce blog, je considère cette improbable séance en une nouvelle dégringolade dans la carrière du cinéaste désormais surcôté Paul Verhoeven.

Benedetta, globalement encensé par la critique, est pour moi une pantalonnade religieuse, kitsch et pathétiquement sulfureuse au milieu de laquelle surnage une Virginie Effira totalement dépassée par son rôle (Dans sa jeunesse, Deneuve aurait apporté tout le mystère et les nuances nécessaires à un rôle aussi casse-gueule).

La quasi totalité du film est grotesque, ridicule et sans grâce. Un authentique chemin de croix. La réalisation télévisuelle, les dialogues atones et les prestations théâtrales et engoncées des habituellement savoureux Oliver Rabourdin et Lambert Wilson font ici peine à voir et à entendre. Seule la noble et digne Charlotte Rampling, qui dans sa jeunesse a assumé avec autrement plus de talent les rôles hors-piste et provocateurs dans des films beaucoup plus originaux (Portier de Nuit, Max mon Amour)  se sort de ce naufrage sans rien perdre de sa dignité, ce qui est le propre des grandes actrices. 

Encore une belle escroquerie intellectuelle, un bon vieux "nanar-attrape-critique", comme sait si bien les emballer Verhoeven, qui ne déroule rien de neuf sinon une  lourdingue palanquée de clichés sur la corruption et les hypocrisies du clergé sans oublier de nous imposer au sabot et à la truelle une improbable passion charnelle entre deux religieuses. Les quelques touches d'humour pèsent des tonnes et l'ironie rancie rend le tout bien visqueux. Rien ne m'a ému ou choqué. Encéphalogramme plat, hormis quelques sourires de dépit.

 

 

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Benedetta s'appuie sur le crédit d'une véritable page de l'histoire religieuse Italienne du 17ème siècle. Mais c'est, au final, une histoire vraie où tout sonne faux. C'est probablement volontaire de la part de ce cinéaste un brin farceur, sauf que les artifices et l'insolence de Verhoeven qui séduisaient dans les clinquantes années 80 et 90 ne font plus illusions aujourd'hui. C'est, pour moi, de la provo qui cogne dans le vide. Il manque ici le souffle et l'énergie barbare de ses glorieux débuts. Le cinéaste voudrait ferrailler avec la bien-pensance et réveiller le dragon avec panache mais il accouche d'un monstre débile et rachitique. Voilà pour le coup de gueule. On ne peut pas appeler ça une chronique approfondie, mais ça m'a fait du bien de l'écrire.

 

 

 

 

Francisco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2021

 

2h10

 

Le Blu-ray :  À vendre !

 

 

 

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12/08/2022
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