LES HEURES LIBRES

LES HEURES LIBRES

THE STRANGER, leçon de ténèbres

Angoisse    Polar    Poésie noire
Thomas M. Wright

 

*****

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Quelques mots sur ce joyau noir Netflixable.

Signe encourageant, à peine débarqué sur le catalogue ce titre est déjà un des plus visionnés sur la plateforme. De quoi espérer un retour aux propositions de cinoche créatives et singulières. Parce que The Stranger en est une. Et une cinq étoiles.

 

Difficile d’évoquer l’histoire sans déflorer l’intrigue.

Disons seulement que l’on tient là un polar très noir aux accents parfois Lynchiens sur le thème de l’infiltration. Une histoire vraie taillée pour et totalement sublimée par le langage du septième art. Et ici cet art s'exprime avec une vibrante intelligence. Je voudrais simplement vous motiver en insistant sur le sens aigu de l’atmosphère développé par le réalisateur et scénariste australien Thomas M. Wright.

Pour sa deuxième réalisation (Acute Misfortune en 2018, pas vu) ce cinéaste affiche un sens du rythme d’une intelligence rare entre langueur hypnotique et sursauts furieux. Ces deux heures de grand cinéma s’éprouvent sans déciller tant le spectacle captive. Le scénario, entre ellipses et échappées oniriques, prend le temps de dérouler son intrigue où la notion de « mise en scène » est essentielle.

Finesse de montage, cadres affutés, découpage technique sans bavures, photographie à l’encre de la nuit signée Sam Chiplin, un chef-op qui promet, partition musicale d’un certain Oliver Coates qui collabora avec Johnny Greenwood sur Phantom Thread, bref que des amoureux de la belle ouvrage sont au travail ici. 

 

Sorti sans promos sur la plateforme voici une leçon de ténèbres sans tics ni enchaînements grossiers qui descendra au plus profond de votre âme cinéphile. Un de ces précieux objets filmiques non identifiables à dévorer d’urgence si les ambiances suffocantes ne vous effraient pas. Âmes fragiles s'abstenir. Parce que ce cinoche d’orfèvre, distillant ses effets avec une précision de maître, m'a abandonné à l’arrivée un peu sonné et le souffle court.

 

 

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Sur l’écran, deux acteur épatants.

Indispensable pour une oeuvre qui ne cesse d'interroger notre humanité.

L’inquiétant Sam Edgerton que l’on a vu briller dans Animal Kingdom, Warrior ou Loving,  copine ici avec le flippant et ultra-charismatique Sean Harris, bad guy d’anthologie dans les deux derniers Mission : Impossible et aperçu récemment dans Spencer et The Green KnightLeur fascinant duo se nourrit ici de l’amplitude de la mise en scène comme de la sobriété et du dépouillement des décors.

Parce que tout dans The Stranger est au service du jeu. Et la cinégénie de ces deux gueules de cinéma fait merveille. leur magnétisme résonne. Ils habitent les silence comme le font les plus grands et nous entraînent jusqu’aux abysses plus sombres de l’âme. Il faut préciser que Thomas M. Wright affiche déjà une belle carrière de comédien pro sur pas mal de séries australienne, sa direction d'acteur, des premiers aux seconds rôles, est impériale. 

 

Renoncez à l’action débridée ou au flip facile et abandonnez-vous au mystère.

L’inquiétude, l’étrangeté et l'angoisse sourde gouvernent.

Laissez vous prendre dans les glaces de cet enfer niché au coeur de l'homme.

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 


 

 

 

 

 

L'avis des lecteurs 

 

 

 Dizzy

 

 

 " Quelle claque! Du grand art! "

 

 

 Sofi

 

" Scotchée de la première à la dernière image "

 

 

 

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2022

 

1h55

 

 

 

 

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23/10/2022
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