FRANCISCOLAND cinoche, amour, orages et épopées

FRANCISCOLAND    cinoche, amour, orages et épopées

THREE BILLBOARDS, une raison de se lever

DRAME

MARTIN McDONAGH

 

Three_Billboards_Outside_Ebbing_Missouri.jpg

 

 

 

 

 

 

On gère sa colère comme on peut.

Mildred décide de faire quelque chose. Et de faire quelque chose en grand. Un an après l'assassinat de sa fille dans des circonstances ignobles elle loue trois panneaux publicitaires à l'entrée de la ville sur lesquels elle écrit :

 

Raped while dying
And still no arrests?

How come, chief Willoughby?

 

Mildred c'est Frances McDormand (je vais éviter de m'étendre sur la qualité de sa prestation, regardez le film, vous ne l'oublierez jamais) , Le chef Willoughby c'est Woody Harrelson. Deux artistes dont la capacité à faire jaillir l'émotion sans sortir les violons n'est plus à prouver. Au-delà de la colère, de la douleur, de l'impuissance, l'affrontement de la mère endeuillée et du shériff déborde d'humanité. Chacun est ici au bout de son chemin, quelques pas avant le bout de l'impasse. Les autres personnages font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils sont et ce qu'ils ont. Chronique du combat ordinaire. Trouver une raison se lever. Une raison de vivre avant de mourir. Une raison de se battre quand il n'y a plus l'étincelle d'un espoir.

C'est universel.

 

7791892392_frances-mcdormand-et-woody-harrelson-dans-3-billboards.jpg

 

Histoire d'appuyer sur le symbole et la fable, précisons que les panneaux se situent sur un axe quasiment déserté. Une route oubliée...

Le caractère vain et dérisoire de l'action de Mildred, d'emblée, serre le coeur. Mais l'humour féroce du scénariste et réalisateur de Bons baisers de Bruges et Seven Psychopathes assure le show pour éviter tout pathos. Three Billboards  ne quitte jamais sa route, dans tous les sens du terme. Un drame au plus noir de la vie mais jamais glauque ou pleurnichard.

Et pour faire vibrer ce portrait d'une guerrière affrontant le deuil et le désespoir bandana sur la tête, Martin McDonagh le peuple d'une épatante galerie de seconds rôles. Sam Rockwell en tête. chacun a ses lignes. Le script est affuté à l'extrême. C'est le genre de film qui ne se digère pas à la première séance. Il s'apprécie davantage à chaque nouvelle vision.

Les coutures sont fines, la finition impeccable, bref, de la belle ouvrage.

 

Unique, avançant à son rythme et ponctué en son coeur d'un plan séquence absolument admirable, Three Billboards est un de ces nouveaux contes cruels de l'amérique profonde digne descendant du cinéma des années 70.

Réflexion sur la rage et le deuil, la rude poésie du film de McDonagh s'inscrit ainsi dans ce nouveau courant réaliste tracé par des réalisateurs comme Jeff Nichols, David Gordon Green, Bennett Miller, Andrew Dominik ou Kenneth Lonergan. Ici une héroïne Fordienne et des seconds couteaux échappés d'un cirque des frères Coen nous résument de belles pages de l' histoire du cinéma américain.

 

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

three_billboards.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est écrit!


 

 

 


 

 

 

 

 

image-3f02efc6-8259-4074-8f27-58e7ba4d33fa_wide-7c42d0650f197e9e326b863344858cf941791176-s1200.jpg

 

 

 

 

28339383799_23266f1d81_b.jpg

 

 

THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI

2017

1H55

LE BLU-RAY : C'est beau net et précis. De la belle HD délivrant sans faiblir toutes les nuances de cette régalante photographie seventies signée du directeur photo Ben Davis. 

Director:

Writer:

 

 

 

piTsz9WjitZN1jlYeeUNUyJgBxP.jpg



27/05/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi