LES HEURES LIBRES

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THE OLD MAN, le vieil homme et la mort

 

Série     Polar     Espionnage                                            Chronique mise à jour le 3/11/2022
Robert Levine   Jonathan E. Steinberg 

 

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Jeff Bridges.

John Lightow.

Amy Brenneman.

C'est bon, là? Je continue?

Je pense quand même vous avoir filé assez d'arguments pour jeter plus qu'un oeil à cette sombre, violente et furieusement élégante production de la plate-forme aux grandes oreilles. Les deux premier épisodes sont dispos et ... ouais, je vais définitivement adorer mes mercredis.

 

Levine & Steinberg. 

Les créateurs de la série Black Sails  sont passé de l'univers de "l'Ile au Trésor" dans les pas d'un jeune Captain Flint à celui des grands polars complotistes des seventies avec donc au casting rien que du lourd.

Big Jeff, Totem ayant grandi dans cette fougueuse décennie et ayant aligné les rôles cultes du jeune boxeur de Fat City au Duane Jackson de La Dernière Séance ce grand monsieur à tutoyé Eastwood dans Le Canardeur, incarné le Jack Prescott du King Kong de John Guillermin, franchit La Porte du Paradisinscrit Tron au registre du SF culte, fut Starman pour Carpenter, le Tucker de Coppola, le pianiste d'ambiance le plus cool du monde aux côtés de son frangin et dans les bras de Michelle Pfeiffer dans le délicieux Suzie et les Baker Boys, épaula le Fisher King de Gilliam, fit briller au firmament du culte son Big Lebowski, décrocha un oscar pour son profondément country Crazy Heart avant d'être l'inoubliable shérif mélancolique du "chef-d'oeuvresque"polar Comancheria.

J'aligne tout ça (et encore je n'ai fait que survoler) histoire de bien vous faire comprendre que suivre un acteur pareil au fil de sept épisodes, même le long d'un chemin de morts violentes et de révélations intimes bouleversantes ou d'envergure internationales, reste un bain de jouvence.

 

 

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Face au bonhomme on trouve un autre géant.

Sir John Lightow. 130 titres au compteur. Téloche et ciné.

L'énormissime grand méchant loup de Cliffhanger, rescapé des années 80 ayant fait sa véritable entrée sur grand écran dans le Blow Out de De Palma qu'il retrouva pour son jouissif Esprit de Caïn après avoir habité un paquet de titres toujours inscrits dans l'histoire du cinéma comme Le Monde selon GarpTendres Passions, Footlose ou Ricochet. Cet ogre que l'on vit ensuite avec bonheur apparaitre dans tout un tas de trucs comme la série Dexter ou la classique et passionnante saga The Crown dans laquelle il nous offre un solide et bouleversant Churchill. Et bien ce gars là aussi joue le chef d'orchestre de The Old Man

Et puis quel bonheur de retrouver l'épatante Amy Brenneman qui illumina de toute son humanité et intelligence de jeu la série Amy au début des années 2000. Une actrice dont le charisme fit jeu égal avec ceux de Pacino, De Niro et Kilmer dans le monumental Heat

 

Voilà.

Je n'ai donc vu que deux épisodes sur les sept qui s'annoncent mais l'expérience parle à chaque plan. En quelques minutes d'ouverture, après un sobrissime générique d'une classe folle, une mise en scène posée à la photographie boisée du meilleur goût et au découpage limpide, on sait déjà que l'on va aborder avec intelligence les questions de l'âge, de la maladie et du poids du passé.

Certes, la cavale d'un ex de la CIA traqué pour cause de cv explosif, des années après les faits, on s'est déjà cogné ça mille fois mais rarement raconté comme ça. Ici, le démontage de malfaisants se déroule dans la douleur. Flinguer son monde à soixante dix piges passées ne rend pas la tâche facile. Il maîtrise  encore mais il en chie notre Old Man et c'est ça qu'est bon. Son art d'encaisser les coups et de tenir encore debout après la castagnette lui permet d'enterrer noblement la concurrence et quasiment de raccompagner Jason Bourne au vestiaire. 

Ok, j'exagère un peu, on reste ici dans du plaisant grand classe mais franchement, bien dopé que je suis à la nostalgie cinéphilique, quel pied que ces deux premières heures de "Grand Petit Écran" délicieusement écrites, joliment emballées, royalement incarnées et bien burinées. Alors, merci les vieux et croisons les doigts pour la suite !

 

Show must go on, Dear Old Man !

 

 

Francisco,

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 Et au final? 

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Bon, alors... j'ai tout fini la première saison hier soir et voici sans plus attendre, lectrice adorée et lecteur bien aimé, mon verdict. Qui, vous me connaissez, sera tout sauf tranché.

 

Les deux premiers épisodes ont quand même filé une sacré tension et viscéralité au show. Tension et viscéralité ayant ensuite tendance à se dissoudre doucement dans du prévisible. Je dirais même que l'ensemble est devenu, pour moi, un poil confus et plutôt bavard, tout en restant d'une belle élégance.

Mais attention, ne vous méprenez pas, nous ne sommes jamais chez les bourrins. Une séquence se permet même un clin d'œil au  Stalker d'Andrei Tarkovski (voir photos plus bas). Symbolique de la chambre aux secrets et cauchemars nichée au coeur de l'homme. Parce que oui, The Old Man développe aussi sa métaphysique de l'intime. Et sur ce plan on ne descend jamais du train. À grands acteurs, grands tourments. Rien à dire sur le jeu d'acteur et leur mise en scène, The Old Man présente un travail d'artisan d'art soigné et maintenant sept épisodes durant son standing quatre étoiles. À savoir acteurs et actrices habités, écriture de caractère, décors solides, découpage cohérent des séquences, photographie soignée et intelligence de montage.

 

 

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Disons que mon tout à tendance à se glisser dans ses chaussons jusqu'à un final un chouille plus trippant. Il est clair que je m'attendais à un peu plus de sueur et de drame rugueux compte tenu de la noirceur des deux premiers épisodes. Les rebondissements et cliffhangers sont bien là mais servis à un rythme pépère. Par contre, l'intrigue prend globalement une belle ampleur et les enjeux désormais bien posés je m'inviterai volontiers dans la seconde saison.

Les personnages ont de l'étoffe et la belle promesse de The Old Man d'être en bonne compagnie est donc tenue. Je confirme que Disney+ nous offre là un divertissement de belle facture à défaut de nous étourdir par son originalité. Le prévisible est parfois confortable quand la qualité est au rendez-vous. Mais ça c'est rien que l'humble avis d'un quinqua dopé à la nostalgie.

 

Bises à toutes et tous, lecteurs fidèles et bien-aimés.

Et, n'oubliez jamais, "Old is Beautiful!"

 

 

 

 

 

 

Le Clin d'oeil à Tarkovski   

 

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2022 -

 

 

7 épisodes

 

 

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03/11/2022
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