THE HAUNTING OF HILL HOUSE qu'il est bon d'avoir peur ! - Les Chroniques ciné de Francisco. Carnets de route d'un passionné sur les terres du Cinoche! et un r

FRANCISCOLAND amour, cinoche, orages et poésie

FRANCISCOLAND    amour, cinoche, orages et poésie

THE HAUNTING OF HILL HOUSE qu'il est bon d'avoir peur !

DRAME / TERREUR

MIKE FLANAGAN

 

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Après un choc pareil on est obligé de faire un constat.

Soyons bref, histoire de ne pas rompre le sortilège.

Merci Netflix. Tu as laissé Mike Flanagan écrire, tourner et monter un chef-d'oeuvre.

Ni plus ni moins. Un de ces vertigineux récits en spirale, totalement ensorcelants, autour des thèmes multi-séculaires de la maison hantée et de l'emprise.

Une forme d'oeuvre-hommage définitive.

 

Et Flanagan conçoit son bébé de la manière la plus novatrice qu'il soit. Sur les bases du roman culte de Shirley Jackson "The Haunting" paru à la fin des années 50 et déjà ferment d'un grand classique ciné du même nom signé Robert Wise (1963), Flanagan y restaure avec soin les fondamentaux du genre, une vaste demeure gothique à souhait au coeur d'une forêt brumeuse, tout en laissant s'y épanouir le meilleur de la chronique familiale.

Comme si un magicien avait mixé à la perfection Six Feet Under avec The Conjuring. Mike Flanagan signe ce miracle. Né à Salem (région de sorcières) il a commencé tout môme, comme Spielberg, a bricoler des films avec la caméra VHS de papa. Maitrisant toutes les étapes de la production d'un film, le scénariste, réalisateur et monteur d'habiles mais oubliables séries B horrifiques comme Jessie ou Ne t'endors pas vient d'être touché par la grâce (ou de signer un pacte avec le Diable)

The Haunting est, de très loin, ce qu'il a fait de meilleur.

 

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Merveilleusement écrit il plonge le spectateur dans l'épouvante en prenant soin d'habiller richement ses personnages. Tous nous bouleversent par leur histoire et parce qu'ils sont défendus par des acteurs épatants. Du côté des anciens, on retrouve le presque quinqua petit garçon de E.T, Henry Thomas, la troublante Carla Gugino (Jessie)  et surtout l'acteur qui, à l'âge de vingt ans me creva le coeur  dans le fil de Redford Des Gens comme les Autres : Thimothy Hutton. Sa véritable entrée en scène dans un épisodes six totalement virtuose (construit en une poignée de plans-séquence dont le premier tient la rampe 23 minutes durant !) il offre la pleine mesure de son talent et de son intensité de jeu. On se dit alors que cet immense comédien n'a pas eu la carrière qu'il mérite. Merci Mike, il est un des trésors de cette série. Ce brillant édifice repose également sur un casting d'enfants et une manière de les diriger absolument impériales. La marque des grands.

 

Rien que du beau monde, donc, et autant de clins d'oeil à de bonnes références, tant dans le secteur du fantastique que dans le domaine de l'enfance et du portrait de famille. Disons, des seules familles qui nous passionnent. Les dysfonctionnelles.

Sur ce terreau ô combien fertile de personnages denses, émouvants et furieusement attachants, l'épouvante peut alors prendre son envol. The Haunting of Hill House est une série qui fait de l'ombre à American Horror Story en se payant le luxe de bouleverser autant qu'elle fout la trouille. Il faudrait trouver un mot pour ce genre d'émotion. 

Voilà enfin une épouvante qui résonne en profondeur.

Loin des massacres de ken et bimbos écervelées, Hill House, littéralement "la maison sur la colline" mais phonétiquement "la maison malade" illustre à la perfection la chanson de Jean Ferrat "nul ne guérit de son enfance". Parce que l'amour blesse aussi, se nichent dans cette maison hantée les fantômes du passé et les blessures d'enfance.

 

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Mais le fantastique est bien là.

le sentiment permanent d'inquiétante étrangeté triomphe jusqu'à la terreur.

Le Grand Flip. Certaines séquences m'ont laissé les poils tout droits sur les bras.

Ce plat savoureux est servi sur un plateau d'argent et c'est de la haute gastronomie. Visuellement le spectacle est splendide. Plans séquences et lents travellings sont autant de boulevards pour installer une atmosphère toute en tension et laisser s'exprimer le jeu des acteurs. Mike Flanagan l'a bien compris. Monteur de la série, c'est aussi lui qui donne le tempo. Le résultat fonctionne comme une montre Suisse. Maître du temps, il nous promène d'une époque à l'autre sans jamais nous perdre. l'art de la transition.

C'est du travail d'horloger...


De son casting formidable aux fascinants décors rendant hommage aux plus grands films de la Hammer, de la somptueuse photographie en passant par cette réalisation magistrale, The Haunting est une réussite absolue qui vous hantera pour longtemps.

Qu'il est bon d'avoir peur !

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

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THE HAUNTING OF HILL HOUSE

2018

Dix épisodes

L'image : Le solide flux HD de Netflix fait le job. Un ravissement permanent. Aucun détails ne vous échappera. Une telle précision et un tel envoûtement de couleurs foutent les jetons mais tout cela est très beau.

Creator:

Mike Flanagan
 
 
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15/10/2018
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