Les Chroniques Ciné de Francisco & Co

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THE HARDER THEY FALL, Tarantino Legacy

WESTERN

JEYMES SAMUEL

 

 

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Pur Kiff.

Voici que déboule sur Netflix, ô fidèles lectrices et lecteurs bien-aimés, une virtuose, musclée, sanglante, pop, fun, super-cool et jouissive remise au frais d'un genre ô combien cinématographique : le western !  Clins d'oeil, générique, BO atomique, le scénariste, réal, musicien-compositeur britannique surdoué Jeymes Samuel pour son premier long métrage (Notons sa première ébauche en moyen-métrage They Die by Dawn en 2013, dispo ici en lien YouTube et dans lequel plusieurs personnages de The Harder They Fall sont déjà représentés) s'engouffre avec panache dans le swag Tarantinien d'un ouest sauvage violemment décomplexé par Django Unchained il y a, déjà, dix ans.

Casting de rêve, défendu, côté bad-guys and girls, par les ultra charismatiques qu'on ne présente plus Idris Elba, Regina King et Lakeith Stanfield, révélation de la vibrante série Atlanta. Face à eux, sur un traditionnel chemin de vengeance allègrement  dynamité par une mise en scène, un montage et une succession de tranches musicales à rester debout devant l'écran explosent les charmes de Jonathan Mayors (Lovecraft Country), Zazie Beetz (Atlanta, Deadpool 2) et du vétéran du petit et grand écran Delroy Lindo dans le rôle du légendaire marshall black Bass Reeves (revenu en tête d'affiche dans le dernier album de Lucky Luke). The Harder... soigne même ses seconds rôles. Chaque personnage, comme dans tout bon western, a droit à une entrée en scène digne de ce nom. 

So, let's roll !

 

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Objectif : le plaisir et l'hommage !

The Harder they Fall n'a d'autre ambition que de nous kidnapper pour une flinguante balade où sont ressuscitées les plus grandes figures afro-américaines d'un Far-west réincarné d'une manière un poil révisionniste depuis les débuts du cinoche. Après l'abolition, les anciens esclaves formèrent en effet le plus gros du contingent des cow-boys. Les personnages de Nat Love, Bass Reeves, Cherokee Bill, Trudy Smith, Bill Pickett, Mary Fields, le Rufus Buck Gang etc... ont tous réellement laissé leur empreinte dans la conquête de l'ouest. Pour certains et certaines, la légende est certes surgonflée mais tous les héros du passé on eu droit  au même traitement dans la fabuleuse histoire du western façon Wayne ou Eastwood. "When the legend becomes facts, print the legend" Souvenons-nous de cette réplique célèbre du somptueux et funèbre classique de John Ford L'Homme qui tua Liberty Valence, lettre d'adieu au western classique. Cette formule pose les bases d'un genre qui ne se porte jamais mieux que lorsqu'il prend de l'altitude vis à vis de la vérité historique. 

Jouant l'épate, sans être frime, l'humour est omniprésent. L'engagement de ne présenter que des héros black est pris ici avec une saine distance mais sans jamais omettre la violence historique d'un racisme increvable. En cela la scène de braquage de banque dans "la ville blanche" de Maysville, instant de génie, est non seulement drôlissime mais d'une élégance à tomber. L'art de faire un poil de politique sans avoir l'air d'y toucher. On salue également la grande classe de l'hommage au regretté Chadwick Boseman lors de l'attaque du train (avis aux plus observateurs d'entre nous). Écrit à deux mains avec la complicité du scénariste-réal Boaz Yakin, l'épopée nous balance aussi son lot de punchlines bien senties. 

- This is a wanted man. Turn his body in and you will get 5.000 $ for your church 

- Why aren't you taking him yourself? 

- I'm worth 10 

 

Le bonheur ici, c'est le style.

La trame est classique mais on voyage en première. Au-delà de l'hommage à Tarantino, l'écho de Leone résonne aussi. Le massacre inaugural, si il évoque clairement l'introduction d'Inglorious Bastards n'est pas sans évoquer non plus sa matrice : l'ouverture funèbre et opératique d'Il était une fois dans l'Ouest. Dans son moyen -métrage They Die by Dawn les références au cinéma de Leone sont encore plus saillantes, du score façon Morricone aux gros plans sur les regards avant le gunfight. Et puis? et puis, les deux heures dix sont passées toutes seules tant la mise en scène fourmille d'idées et d'énergie. Rythme, enchainements, rebondissements, sons et couleurs explosives, Il y a longtemps que je n'avais pas assisté à une telle ivresse de filmer et ce spectacle fait un bien fou. Beaucoup d'effets et d'artifices, certes, Jeymes Samuel ne joue pas l'épure, mais les nombreuses scènes d'action, cartoonesques et bien arrosées d'hémoglobines, offrent un sens du découpage impérial. Un régal. L'incontournable exercice du règlement de compte final est un morceau de bravoure. Quelle maîtrise pour un premier film !  

 

Le "contrat spectacle " est rempli. Jeymes Samuel est clairement un cinéaste à suivre. Les puristes du genre vont hurler mais ils sont là pour ça. Donc, tout va bien. The Harder They Fall est la preuve, dans sa saine vigueur, que le western bouge encore. Et puis? et puis, je le disais,  le charme triomphe au final. Le dernier plan ouvre grand la porte à une suite. Je suis carrément partant et au triple galop !

 

 

 

 

 Francisco, 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'ébauche                                                                                They Die by Dawn    (2013)

 

 

 


 

 

 


 

      

 

 

 

 

 

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05/11/2021
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