FRANCISCOLAND cinoche, amour, orages et épopées

FRANCISCOLAND    cinoche, amour, orages et épopées

THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS wild wild west

WESTERN

JOEL & ETHAN COEN

 

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J'ai souvent employé cette formule au sujet des tragi-comédies des frères Coen.

Une vision de la vie comme "une farce. Parfois drôle et souvent cruelle".

Nous sommes ici en plein dedans. L'humour macabre des réalisateurs de Fargo et No Country For Old Men revient hanter avec bonheur les terres du Far-West, 8 ans après le somptueux et mélancolique True Grit.

 

Six contes de la frontière sauvage, certains inspirés d'oeuvres de Jack London, explorant les différentes facettes des hommes et femmes du Far-West. Celles des gâchettes rapides, braqueurs de banque, chercheurs d'or, pionniers, Saltimbanques et diligence filant vers le Grand Nulle part.

Comme nous sommes bien chez les Coen, l'humour macabre écorne ici délicieusement la légende.

 

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S'ouvrant sur le ton de la comédie (musicale) ces contes exprimant chacun à leur manière toute la rudesse de l'Ouest ne nous épargnent ni la violence ni la tragédie de ces vies fragiles d'êtres rarement taillés pour.

Nombre des personnages s'ajoutent à la formidable galerie des losers magnifiques du Coen-Land.

 

Toutes les figures et fondamentaux du western sont ici présents pour un réjouissant hommage au genre mais avec ce regard de maître semblable à celui de la nature sauvage. Un regard détaché et omniscient indifférent aux enjeux de toutes ces vaines agitations. On ne regarde pas ces contes en s'attendant à des twists fracassants, on savoure le goût de l'absurde cultivé ici avec grâce par les scénaristes et réalisateurs de A Serious Man.

Si chaque récit se déroule sans surprise, chaque figure fascine.

On sourit, souvent, mais l'humour reste noir-charbon.

 

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Parce que les Coen nous parlent d'une Amérique qui ressemble au monde d'aujourd'hui.
Exemple avec L'épisode du comédien (mon préféré) Cette petite merveille condense à elle seule toute la violence d'une société qui ne s'épanouit pas sur le savoir mais sur le terreau du jeu et de la violence  Un monde qui n'a plus besoin de ses poètes. Ce regard sans concession sur l'homme et ses petites misères évoquerait presque celui d'un "Maupassant du Far West". Nous sommes bien dans l'univers de grands auteurs.

 

Puisqu'il est question de regard, rendons hommage au splendide vernis de l'oeuvre.

Il faudrait saluer l'intégralité des équipes. Comme les longues chroniques ne sont pas lues, je vais donc directement aller saluer le travail du directeur photo Bruno Delbonnel (Inside Llewyn DavisLes Heures Sombre, Amélie Poulain) qui délivre ici une photographie admirable lustrant à la perfection ce cruel livre d'images. Une forme radieuse aux lignes claires et épurée, admirable de précision, sur un propos sombre et tourmenté. C'est ce fabuleux contraste qui évoque le travail de Roger Deakins sur True Grit et surtout sur sa rigueur quasi-Kubrickienne déroulant de manière implacable le récit monumental, définitif et incontournable de No Country For Okd Men.

Côté acteurs, le talent de direction des frangins n'étant plus à défendre précisons simplement que l'ensemble du casting brille tranquillement. Tim Blake Nelson, Liam Neeson, Tom Waits, James Franco, Zoé Kazan, Brendan Gleeson, Clancy Brown. Tous semblent se régaler le temps d'un épisode ou d'un simple caméo.

 

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 Ces six contes explorent ainsi l'âme de l'Ouest. Trajectoires fragiles, éphémères dans un monde impitoyable. Le tout avec un savoir-faire admirable. C'est donc en wagon première classe que cette Ballade de Buster Scruggs nous offre ce beau voyage vers Le Grand Nulle part.

Le dernier chapitre clos d'ailleurs avec une belle évidence cette funèbre anthologie de l'Ouest de la Frontière.

 

 

 Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Il y a deux catégories d'hommes. Mort... ou vif."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS

2018

2H10

L'Image : Une précision affolante. Une richesse de détails qui creuse un peu plus les vastes horizons de l'Ouest au coeur de nos écrans. Le travail du chef-op Bruno Delbonnel aligne ses tableaux de maîtres comme à la parade. Un festin pour les yeux!

 

Directors:

Ethan Coen, Joel Coen
 
 
 
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18/11/2018
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