LES HEURES LIBRES

LES HEURES LIBRES

SUPRÊMES, c'est clair

Biopic    Musique
Audrey Estrougo

 

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Petit titre fastoche pour exprimer la limpidité des intentions d'Audrey Estrougo.

Suprêmes c'est clair, et net. La réalisatrice et scénariste (avec Marcia Romano) ne lâche pas ses personnages et balance avec justesse quelques images d'archives pour insuffler l'esprit de l'époque, fin des années 80 début 90, à ce portrait croisé des totems du rap que sont Kool Shen & Joey Starr. Un biopic qui accompagne le tandem électrique des débuts du Suprême NTM jusqu'à leur premier Zenith. Soit aux premiers temps du rap français.

 

Le ton juste. C'est ce que j'avais déjà apprécié dans La Taularde (2015), autre métrage de cette cinéaste qui offrait à Sophie Marceau un de ses plus beaux rôles. Un soin à l'écriture qui permet ici aux jeunes acteurs Théo Christine et Sandor Funtek d'incarner sans être ridicules les monstres de scènes que sont leurs modèles. Après deux ans de prépa physique et vocale "dans la sueur et les larmes", tous deux se révèlent épatants. La complicité est évidente et l'incarnation peut s'accomplir. Tout sonne juste et les séquences de concert sont les plus bluffantes de ce biopic généreux et sincère. Ces deux-là s'affichent clairement comme deux acteurs à suivre. Le casting est d'ailleurs sans fausses notes. Toute la bande joue sa partition sans faux pas.  

 

 

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La générosité est bien là.

Cette énergie folle et irradiante qui est la marque de fabrique du groupe. Tout au long de sa préparation Audrey Estrougo a d'ailleurs collaboré étroitement avec les deux figures du Suprême NTM, histoire de tenir son cap et de ne pas raconter n'importe quoi, n'importe comment. Et ça paye, Suprêmes apporte sa pierre au temple du cinéma français comme vibrante leçon de société et d'histoire musicale.

 

Suprêmes est un film qui a du coeur et il bat fort. Ce qui, par chez nous, est toujours bienvenu. Mon seul bémol est peut-être dans la réalisation, un peu trop sage et polie dès qu'elle quitte la scène. Si la photographie soignée d'Eric Dumont apporte une belle cohérence et patine visuelle à cette authentique tranche de cinoche, le découpage parfois plan-plan contraste avec la vigueur d'interprétation et l'engagement absolu des acteurs. Comme si la réalisatrice restait encore trop timide face à ses écrasants modèles. La rage et la fièvre auraient embrasé l'ensemble du métrage nous tenions alors un chef-d'oeuvre... Mais qu'importe, le plaisir est bien là. Et les petits instants de grâce sont suffisamment nombreux pour vous inciter à jeter plus qu'un oeil là-dessus.

Au final, ce parcours à l'écorchée vers la reconnaissance et le succès dans une société encore étroite et des histoires de vies parfois plombées par la violence et les rancœurs,  peut séduire aussi bien les amateurs de rap soucieux de revenir aux fondamentaux que  les spectateurs qui, comme moi, ne sont pas vraiment experts de ce genre musical.

Suprêmes donne de la voix, il existe et c'est le plus important.

 

 

 

Francisco, 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

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2021

 

1h50 

 

Le Blu-ray :  Superbe texture ciné. Un écrin de choix pour honorer le superbe travail photographique d'Éric Dumont.

 

 

  

 

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12/08/2022
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