FRANCISCOLAND

FRANCISCOLAND

ROMA symphonie intime

DRAME / POÈME

ALFONSO CUARON

 

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Après m'avoir placé en orbite avec l'étourdissant, virtuose et, au final, bouleversant Gravity, le cinéaste et scénariste des Fils de l'homme, Alfonso Cuaron m'a de nouveau filé le vertige en plongeant cette fois-ci dans ses souvenirs d'enfance.

Voici Roma, gigantesque poème intime.

 

Cinématographiquement, l'émerveillement est de nouveau au rendez-vous.

Tempo hypnotique, maitrise absolue du cadre et du mouvement. Une forme pure accompagnant avec "un grand calme" cette sincère et déchirante lettre d'amour au fantômes du passé. Le spectacle, du plaisir minuscule au chaos d'une révolution, de l'intime à la tragédie ne cesse de bouleverser. L'ensemble transpire l'humilité mais résonne comme une symphonie. La maitrise absolue de l'espace et du temps qui se dégage de cette mise en scène stratosphérique au noir et blanc irradiant souligne la grâce comme le chaos de toute existence traversée par l'amour et ses douleurs.

 

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Si Y tu Mama Tambien (2001) évoquait son entrée dans l'âge d'homme le cinéaste convoque ici les visions de son enfance au travers du portrait de Cleo, nourrice et femme de ménage d'une famille aisée, dans le Mexico de 1971. Roma est d'ailleurs dédiée à Libo, l'employée de maison que Cuaron considéra comme une seconde maman.

Le regard de Cuaron, épouse en travellings délicats aussi bien le décor que les personnages.

Peu de gros plan, beaucoup d'ensemble, l'oeil du spectateur reste ainsi grand ouvert, comme invité à y dessiner son propre film. C'est sans doute ce que j'y trouvé de plus admirable. Cette ampleur du cadre, multipliant les plan-séquences et épousant avec distance aussi bien les confidences que les sursauts et les brutalités de la grande histoire. L'observation avec le recul. Celui du "je me souviens". Toute la violence d'une émeute est ainsi perçue en une seule prise, de l'autre côté des vitres d'un magasin, jusqu'à l'intrusion violente et sèche d'une poignée de manifestants. C'est tout l'esprit de Roma, cette sensation des souvenirs s'échappant dans le large courant du flux de la mémoire.

 

Roma c'est la maitrise de l'art.

Une épure débarrassé de l'esbroufe et des tics de montage. À l'image du plan d'introduction. Flot de lessive qui nous rince le regard et impose un rythme qui nous délivre de la frénésie pour nous remettre véritablement à l'écoute. L'image du sol renvoyant celle du ciel nous prépare à l'envol qui va suivre, deux heures durant. Du très grand cinéma comme chuchoté. Produit, écrit, photographié, réalisé et co-monté par un géant du septième Art, il s'impose d'emblée comme l'oeuvre la plus intime d'Alfonso Cuaron. On peut déjà rêver aux suivants tant le goût des "nouveaux territoires" habille l'ambition de ce passionnant cinéaste.

 

 

Roma est-il le plus beau film de l'année?

Qu'importe.

Je vous laisse seul juge.

Parce qu'il s'agit d'un de ces trop rares films qui appartiennent immédiatement à chaque spectateur.

Mais on peut affirmer qu'il s'agit là d'une leçon de cinéma, le message universel d'un carnet intime qui transcende totalement tout discours et exercice de style pour nous murmurer rien d'autre que l'essentiel.

 

C'est une oeuvre qui se pose au bon moment.

Un grand film humaniste

Une lettre d'amour aux humbles écrite sur une toile de maître.

 

 

 

Francisco,

 

 

 

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The power of women



 

 

 

 

Le filtre de la mémoire


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ROMA

2018

2H10

L'image Netflix : Source 6,5K, master 4K, nous assistons, émerveillés, à une forme de triomphe de l'image numérique sublimé par un noir et blanc capturant le regard et délivrant toute l'émotion de ces visages inoubliables. Cuaron parvient à convaincre le nostalgique de la peloche que je suis que l'on peut donner matière et texture à l'image sans l'ombre d'un grain.

Chaque plan est un tableau immaculé et ruisselant de détails s'inscrivant dans cette modernité technologique dernier cri. Un choix de photographie conférant a cette "lettre d'amour" au cinéma et à l'enfance une facture atemporelle, universelle, définitivement à l'épreuve du temps.

Director:

Alfonso Cuarón

 

 

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15/12/2018
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