FRANCISCOLAND cinoche, amour, orages et épopées

FRANCISCOLAND    cinoche, amour, orages et épopées

NÉ UN 4 JUILLET "Do you remember things that made sense?"

GUERRE / DRAME

OLIVER STONE

 

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Je viens de me revoir ça hier soir et, franchement, ce trente ans d'âge tient encore sacrément la route.

Alors, pourquoi la revoyure s'impose ?

 

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Parce que c'est du grand cinoche populaire.

Qui captive et secoue les tripes, sans oublier d'éduquer.

Une histoire forte, un personnage magnifique et le tout solidement raconté et filmé par le papa de Platoon et Tueurs nés, Oliver Stone.  J"évoque Platoon parce que ce réalisateur-ogre signait ici le second film de sa trilogie consacrée à la guerre du Vietnam. Une trilogie qu'il bouclera quatre ans plus tard avec Entre Ciel et Terre.

Mais revoir Né un Quatre Juillet c'est aussi et d'abord une occasion unique de se souvenir qu'avant de distribuer des bourre-pifs à tout va et d'effectuer des cascades dans tous les sens pour sauver le monde, le phénomène Tom Cruise est bien né d'un acteur fantastique. Intense et totalement investi dans son rôle il nous tord plus d'une fois les tripes dans cette interprétation viscéral du vétéran Ron Kovic. Son engagement est total, à l'image de cette grande figure du mouvement  qui inspira également le personnage de Luke Martin joué par John Voight  dans le film d'Hal Hashby Le Retour (1978)

 

Mais l'ampleur du film de Stone s'impose.

Biopic embrassant trente ans d'histoire des États-Unis et directement inspiré de l'ouvrage de Ron Kovic qui collabora directement au scénario auprès du réalisateur-scénariste, ce film fait aujourd'hui référence. À classer dans le genre "retour de guerre". On peut le déposer sans honte sur l'étagère du collectionneur, aux côtés du Voyage au Bout de l'Enfer de Cimino, du Johnny s'en va-t-en Guerre de Dalton Trumbo ou, plus récemment, des Mémoires de Nos Pères d'Eastwood.

Et cette autopsie du désenchantement d'une société aux rêves brisés puise toute sa force et son pouvoir de conviction dans l'incarnation inoubliable d'un Tom Cruise passant de patriote galvanisé à soldat brisé avant de se redéfinir en citoyen éclairé, c'est à dire rebelle et engagé. Pour illustrer un parcours de vie aussi édifiant et bouleversant le choix de s'adresser à l'icône fringuante de Top Gun était un coup de génie de la part de Stone. Trente ans après, sa maturité de jeu (l'acteur n'avait que 27 ans), le désespoir et les regards furieux du personnage continuent d'émouvoir.

 

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Des années cinquante à la fin des années 70 le rêve américain a mis son drapeau en berne.

La vision idyllique de l'enfance et de la famille idéal façon façon pub Coca-Cola est parfaitement rendue dans le premier acte de ce film épique. Depuis Platoon, l'habileté de Stone à emballer ensuite des séquences de guerre crédibles n'est plus à prouver. Mais ce sont bien les longues séquences d'hospitalisation, véritable enfer insalubre, qui scotchent encore au fauteuil. Toute la rage du vétéran Oliver Stone s'exprime ici. De nouvelles épreuves attendaient les soldats vaincus à leur retour au pays. L'abandon, l'indifférence ou le mépris. L'habileté du scénario est de prendre le temps de développer ensuite la lente reconstruction et la renaissance du personnage. La contestation ne viendra pas tout de suite, le processus de désenchantement sera long et douloureux. De l'explosif retour en famille à l'escapade mexicaine jusqu'à "la confession" le processus de deuil de l'ancien Ron Kovic passera par de nombreuses étapes et ce processus est absolument passionnant à suivre.

Oui, Oliver Stone est un réalisateur qui a du souffle et du coffre.

Né un Quatre Juillet se situe au coeur de son âge d'or. Entre des oeuvres de références comme Wall Street, Les Doors et JFK.

Récits de guerre d'une Amérique en proie à ses démons.

Un film important.

 

 

 

Francisco,

 

 

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 Big Tom


 

 

 

 

 

 

 

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NÉ UN QUATRE JUILLET

1989

2H25

LE BLU-RAY :   Bon, c'est la meilleure copie dispo pour l'instant mais, on ne va pas se mentir, disons que nous nous trouvons là à la préhistoire du Blu-ray. Par rapport au DVD le gain est juste une image qui reste nette sur un grand écran mais en terme de gestion des couleurs, contrastes, grain et relief une grosse remastérisation en profondeur s'impose. Surtout pour une oeuvre de cette envergure portée par la photographie du maître Robert Richardson, reconnu pour ses scopes flamboyant. Côté son la partition de sir John Williams supporterait également un petit rafraichissement. Bref, ça passe mais, franchement, y a encore du boulot.

Director:

Oliver Stone

 

Writers:

Ron Kovic (book), Oliver Stone (screenplay) | 1 more credit »

 

 

 

 

 

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29/08/2018
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