FRANCISCOLAND

FRANCISCOLAND

MANDY crazy evil

OVNI / HORREUR / REVENGE-MOVIE

PAN COSMATOS

 

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Rhaaa...

Que j'aime les parti-pris forts et assumés avec panache.

Voici, un bon vrai film de dingue.

J'attendais ce "pop-corn-ovni" avec une certaine impatience et je n'ai pas été déçu. Comme, précédement, pour le film de Noé, je ne puis le conseiller à tout le monde. Ici on aime très fort mais ensuite on torture, on crame et puis on se venge en perforant, en découpant, en tronçonnant, en décapitant, bref, en écrasant avec rage du démoniaque qui grogne et du gourou super allumé.

 

Attention, c'est du revenge-movie façon Lynch.

On ne fait pas dans le massacre jubilatoire. On traverse le miroir. On passe derrière le rideau rouge.

La crédibilité du parcours n'a strictement aucune importance. Tout ici est affaire d'ambiance, d'expérience et d'émotions avec un travail sur l'image qui sent bon la peloche, voir même la bonne vieille VHS façon années 80 que l'on glissait dans le magnétoscope pour se taper un Vendredi 13 un Freddy ou un Halloween. Le film ancre son histoire en 1983 et multiplie les références à ces geek-années de cinoche.

Visuellement, Mandy transcende totalement la texture cheap et fauchée de l'ensemble en offrant de savoureuses toiles psychédéliques. Un travail d'artiste. Comme un film de genre revisité par un étudiant des Beaux-Arts surdoué et sous influence.

Tous les sens sont en éveil et c'est passionnant "à regarder".

 

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On gratte ici du côté des seventies avec, sur le fond, un clin d'oeil à la terrifiante famille Manson.

Cosmatos libère une joyeuse bande de dégénérés sanguinaires gouvernée par un Linus Roach (Vikings, Non-Stop) très inspiré. Ce cinglé va mettre en pièce l'existence paisible de Nicolas Cage et de sa gothique épouse, Mandy.

 

Pour offrir une dimension mythologique et Mad-Maxienne à ce spectacle de série Z sublimé à l'extrême, ces fondus de La Nouvelle Aube invoquent ici, à la corne d'Abraxas, "les quatre bikers de l'apocalypse" Les Black Skulls. Une réussite. Leur intrusion dans la baraque des amants sacrifiés, filmée dans une frénétique séquence éclairée à la lumière stromboscopique, est un vibrant moment de cinoche trash et déviant.

Côté BO, Johann Johannsson (maître de musique de Denis Villeneuve) fait le reste avec ses compos cognant aux portes de l'enfer.

 

Déclaration d'amour au cinéma de Lynch, invitation aux joies du hors-piste, hommage débridé au slasher comme au survival, le canadien Pan Cosmatos, (digne fils de Georges Pan Cosmatos réalisateur de Cobra,  Tombstone ou Rambo 2)  a construit cette petite cathédrale du film ovni pour un budget serré de 6 millions de dollars.

Il a accomplit cela en alchimiste de l'image, en bricoleur de génie et en fin directeur d'acteur.

 

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Avec sa mise en scène ne se refusant pas de longs plans-séquences pour les scènes de confidences rêveuses entre Red et Mandy, le réalisateur de l'éprouvante et expérimentale expérience Beyond the Black Rainbow (2010) libère ici toute l'humanité autant que la folie du grand acteur négligé et négligeant qu'est Nicolas Cage. Cet authentique allumé apporte la touche d'humour indispensable à tout banquet macabre.

 

Et puis il y a le visage flippant et hypnotisant de Mandy, totalement habité par l'actrice Andrea Riseborough (aperçue dans Oblivion, Birdman et Never Let me Go)

Sa splendide rousseur est ici passée au brun et compose ainsi cette figure expressionniste au regard plongeant dans l'abîme et à la peau blafarde. Une digne figure Munchienne.

Sa prestation est l'étincelle qui met le feu à ce morceau de cinéma violent, drôle, cruel, surréaliste, psychédélique, onirique, poétique, douloureux, bref, profondément déjanté. Mais ne nous y trompons pas. Rien ici n'est gratuit ou simplement complaisant. Certes, Cosmatos se joue des limites mais identifie les frontières.  Mandy fabrique du mythe en s'offrant le luxe de citer Joseph Campbell :

 

"The psychotic drowns in the same waters in which the mystic swims with delight."

 

Mandy ne fait pas de quartier.

Cosmatos tape dans le gore et l'action qui tâche. Mais avec un tel sens de la dérision qu'il serait difficile de sortir traumatisé d'une farce pareille. Voilà un réal Jodorowskien en diable qui assure la permanence de l'expérimental et de la singularité dans un paysage ciné sage, poli et totalement atone.

Rien que pour le geste, merci Mandy !

It's alive !

So, Let's Rock !

 

 

 

 

Francisco,

 

 

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MANDY

2018

2H

LE BLU-RAY :  Vous voulez de la HD bien propre qui flatte la rétine? Passez votre chemin. Le travail ciné du chef-op Benjamin Loeb, retravaille l'image numérique de l'arri Alexa pour lui apporter une matière vintage. Ça filtre à tout va, graine, ça bruite, les rouges débordent, mais toujours avec enthousiasme et un sens de l'image trash particulièrement généreux. Quand on accepte toute cette matière, c'est l'extase. Au final le spectacle et bien là, avec plus de caractère qu'ailleurs, et c'est très beau. Vraiment. Il fallait toute la finesse du Blu-ray pour traiter correctement ce festival psychédélique. Et c'est réussi !

Director:

Panos Cosmatos
 

 

 

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10/02/2019
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