FRANCISCOLAND

FRANCISCOLAND

LES CROIX DE BOIS, au plus proche des hommes

GUERRE                                   

RAYMOND BERNARD

 

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Un miracle.

C'est ainsi que l'on appelle la restauration d'une oeuvre de plus de 80 ans aujourd'hui oubliée du public.

 

Les films sur la seconde guerre mondiale sont légion, ceux sur 14/18 beaucoup plus rares. Celui-ci s'inspire du récit éponyme de Rolland Dorgelès qui raconta en détail son expérience dans le feu  et la boue des tranchées.

 

Le réalisateur Raymond Bernard eu comme seuls mots d'ordres :  Fidélité aux faits et au récit, réalisme, hommage aux hommes du front. Et particulièrement à ces soldats inconnus enterrés sous des croix en bois bricolées hâtivement. Pas question de faire de la littérature. Les figurants étaient tous d'anciens combattants et les dialogues, pour la plupart extraits du livre, collaient à ce qu'avait entendu Dorgelès durant son expérience de combattant.  "Je hais la guerre, mais j'ai de l'admiration pour ceux qui l'ont fait" précisait l'écrivain. Le Réalisateur Raymond Bernard ne dit pas autre chose dans cette extraordinaire adaptation.

Un film autant qu'un témoignage infiniment précieux aujourd'hui ressuscité par une restauration proprement stupéfiante, compte tenu de l'âge du film.

 

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Pas de littérature dans ces dialogues qui sonnent toujours justes mais un style cinématographique de première main.

Des agonies expressionnistes aux surimpressions à la Murnau (un défilé de soldat, tandis que dans le ciel apparait le fantomatique cortège des victimes) le film surprend encore aujourd'hui par les audaces formelles et narratives de sa mise en scène (usage du flash-back, plans muets)

Mais la force du film repose d'abord sur cette galerie d'acteurs formidablement attachants au milieu de laquelle nous reconnaissons Charles Vanel ou le poète et dramaturge Antonin Artaud ( dans le rôle du soldat Vieublé). C'est Band of Brothers avant la lettre.  Le sel du film repose donc solidement sur le soin accordé aux personnages et l'hommage appuyé à cette fraternité incomparable qui unit ces frères d'armes. 

 

L'autre aventure, et le disque bonus le précise d'une manière passionnante, concerne le travail sur le son.

À l'époque, 1932, nous sommes dans les premières années du parlant et mixer les explosions et détonations sans noyer les dialogues relevait de l'exploit.

Pas de tables de mixage à l'époque !

Les micros devaient s'éteindre ou s'allumer sur place au moment du tournage. Difficile aujourd'hui de prendre la mesure d'une tel défi technique...  

Il faudra aussi au spectateur du Blu-ray beaucoup d'indulgence pour juger cette qualité sonore et bien garder en tête que ce film revient de très loin.. Certaines répliques sont presque inaudibles mais le nettoyage est tout de même admirable et les sous-titres peuvent aider. Coté image, le niveau de détail est souvent renversant et la copie est désormais vierge de tout voile, tâches et griffures et tâches.

 

Ainsi, la nuit et le brouillard se sont levés et les Croix de Bois retrouve sa place au panthéon des films sur les hommes au coeur de la guerre.

 

 

 

Francisco,

 

 

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LES CROIX DE BOIS

1932

1H50

 

 

Le Blu-ray :  Il faudra au spectateur du Blu-ray beaucoup d'indulgence pour juger la qualité du son. Certaines répliques restent inaudibles mais le nettoyage est tout de même admirable et les sous-titres peuvent aider. Coté image, le niveau de détail est souvent renversant et la copie est vierge de tout voile, griffures et tâches. Le brouillard de pixels s'est levé et les Croix de Bois reprennent place au panthéon des grandes oeuvres humanistes sur la guerre.

Réalisateur :

 
 

 

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18/11/2014
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