FRANCISCOLAND le grand cinoche des jours qui passent

FRANCISCOLAND le grand cinoche des jours qui passent

LE CRI DU CHAMEAU saison 2 11ème et dernier épisode

LE DOUTE EST TOUJOURS PERMIS, ACCESSIBLE À TOUS ET TOTALEMENT GRATUIT!!! (ou, comment, nous voici parvenu au carrefour des quatre saisons)

 

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Elle s'éveilla brusquement.

Le grondement du sous-marin si souvent rassurant résonnait en échos lugubres.

La haute et massive silhouette de Zampano se détachait dans l'encadrure, contre la lumière du couloir.

Les ombres du Nautilus glissant derrière lui.

Il avait ouvert en grand la porte de la cabine sans se soucier de savoir si elle dormait.

Cet instant n'apportait pas de bonnes nouvelles.

- Denise, fallait que je te le dise. J'ai demandé gentiment à Nemo de nous ramener à la crique. Il va se passer quelque chose de grave. Je le sens...

- Raconte...

- Plus tard.

Il grogna doucement et s'éloigna

Elle resta assise un long moment avant de se décider de s'habiller. Elle ne dormirait plus. Le mieux était d'aller s'installer avec un bon bouquin dans la bibliothèque.

L'idée de se séparer du magnétique capitaine la plongeait dans les eaux d'un courant trouble et froid. Mais Zampano l'avait prévenu au moment d'embarquer:

- T'emballe pas Denise, ce sera juste "un petit tour et puis s'en va" Personne ne reste bien longtemps dans le ventre du Nautilus. Parce qu'il nous faudra toujours reprendre la route.

Et voilà.

De nouveau l'inconnu.

Mais cette fois-ci, quelque chose de plus menaçant s'affichait.

Le prix d'une nouvelle vie. Apprendre que dans cet univers aussi l'ivresse n'est qu'un état transitoire.

Quelques illusions cramaient encore en elle, mais cette fois-ci délivrées de la peur. 

- T'es plus une victime, Denise. Tu ne subis plus. T'es une guerrière...

C'était écrit quelque part.

Avec le puissant Zampano à ses côtés.

Ensemble ils formeraient dans le combat un couple de foudre et de tonnerre. Souffrir et se battre. Ensemble. Souffrir et se battre puis mourir debout.

Cette idée la nourrissait.

Comme toute l'électricité du monde, quelque chose de plus fort encore que la menace brillait dans l'ombre.

 

 

 

 

 

Le vent sifflait à ses oreilles

La chute était douce

La sensation de vertige absente.

Puis

les lumières d'un autre monde s'allumèrent au fond de sa nuit

Se déploya une terre de collines.

Une vallée barrée de lignes sombres tracées avec soin

Un pays de vignes.

Lentement, il senti monter l'odeur d'un nouveau territoire et toucha terre entre deux rayons.

La lumière de la lune dessinait le chemin.

La nuit était chaude.

- Nous sommes arrivés? demanda Hugo

Dans un sourire la belle ange lui répondit

- Il est bien de ce monde, Hugo.

Elle lui prit la main et captura son regard.

La lune était pleine.

- Embrasse-moi.

- Pardon?

- Embrasse-moi. Profondément. Avec la langue. Que je prenne l'apparence des tiens. Je ne peux pas me balader toute bleue dans un pays comme celui-ci.

Hugo se dit qu'atterrir sur cette terre avait du bon.

Il s'exécuta avec application.

Il senti le corps de l'ange se transformer entre ses bras.

Tous deux marchèrent ensuite un long moment jusqu'à un village baptisé "Lhomme".

 

 

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Le lampadaire grésilla puis s'éteignit.

 

Ce fut d'abord un parfum insistant.

Comme une fragrance se dégradant lentement.

Petit à petit flotta dans l'air comme une odeur humide de caveau et de terre soulevée.

D'un seul souffle, le froid déchira la douceur de la nuit.

Une langue glacée figeant les ombres du jardin, pétrifiant les massifs et luisant comme une eau visqueuse sur la pelouse.

Bernard sautilla jusqu'à la maison.

Mais la porte se referma violemment devant lui.

 

La peur s'ajouta à la morsure du froid.

Enveloppé dans son fin costume de lapin tout son corps se mit alors à trembler.

Son ventre rond se convulsa.

Il se coucha sur le seuil comme un animal terrifié.

 

Une ombre glissait lentement devant la lune.

La nuit bascula dans un abîme de charbon.

Le bruissement de la nature s'était retiré.

Le silence pesa lourdement sur les ombres.

Bernard ne parvenait plus à bouger.

Son costume de lapin se recouvrit d'une fine pellicule de glace.

Elle figea sa chevelure et son visage rond, statufié par l'effroi.

- Il est revenu  hurlait en boucle son esprit en tourmente.

Ce n'était pas une ombre mais une masse obscure que Bernard devinait comme accroupie sous les arbres.

- Salut, salut, petit passeur de merde... 

C'était presque un râle.

Comme les voix brisés de mille agonisants rassemblées en une seule

Bernard sentait la vie le quitter par vagues douloureuses.

Quelque chose ou quelqu'un lui écrasait le visage contre la pierre.

Il entendit partout alentour les arbres craquer et les oiseaux tomber sous le gel.

Quelque chose ou quelqu'un le bousculait et le griffait.

 

- Hello, hello, créature ridicule. Victime dérisoire d'une inspiration misérable. Je viens te passer l'envie de sautiller. Je viens claquer ton gros cul et t'annoncer qu'il est temps pour moi, d'effacer les jolies couleurs du tableau.

Lentement, l'essaim obscur tapi sous les branches, se redressa dans une hideuse contorsion et se retira vers le coeur de la forêt.

- Sache-le, je m'en vais faire quelques emplettes et ruiner tes mondes...

Quelque chose flambait.

Comme l'aile écarlate d'un dragon furieux se déployant au dessus des arbres.

- Et je m'en vais, Clopin-clopant, dans la nuit et le silence, promenant ma toute belle âme de monstre...

 

Puis le froid se retira.

Mais Bernard demeura couché, sanglotant, sur le perron.

 

Un long moment encore la porte de la Maison Forestière demeura close.

Enfin, une lumière s'alluma à l'étage.

Bernard su que la porte allait s'ouvrir.

Que le gardien des lieux allait s'occuper de lui.

Panser ses profondes griffures.

Lui faire boire quelque chose de chaud.

Le coucher.

Mais tout cela allait se dérouler très loin de lui, désormais.

Le gel ne quittait plus son coeur.

 

 

 

 

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 - Nous nous retrouverons, chère Denise. Lança le capitaine Nemo en regagnant le canot.

Elle acquiesca et se tourna vers son compagnon

- Tu es sûr que personne ne t'aura piqué ton Side-car mon Zampy?

- Personne d'autre que nous ne peut le voir, Denise.

Elle sourit. Heureuse d'appartenir désormais au peuple magique des invisibles.

Nemo se tenait à la proue de l'embarcation. Haute silhouette dressée comme un phare contre l'obscurité.

les rameurs aguerris filaient droit vers l'ilot métallique du Nautilus.

Denise et Zampano remontèrent le sentier, le souffle de l'océan accompagnant leur pas.

 

Le sable devenait plus clair. 

Une ombre violette venait se peindre sur leurs visages et l'aube pointait lorsque le corps luisant du Nautilus s'enfonça d'un trait dans la nuit de l'océan.

Tous deux le regardèrent disparaitre et restèrent un long moment sans parler.

 

Denise, frissonnante, resserra les pans de son manteau.

Zampano l'aida à attacher son casque et prendre place dans le Side-car.

Il se figea un instant, le doigt en l'air.

- Tu le sens? demanda t'il

- Oui, quelque chose est arrivé.

- Ce monde change, Denise. Il n'est plus étanche. Quelque chose est entré et ce n'est pas bon. Quelque chose d'ancien et de froid qui ne souhaite plus la présence des hommes. Il ne fait pas bon être un passeur...

- Tu crois que Bernard est en danger?

Zampano prit une profonde inspiration.

- Je lui ai envoyé un signal, cette nuit. Je n'ai pas eu de réponse...

Il referma lentement son cuir, se peigna la barbe d'un geste noble et enfourcha la moto.

Denise se souvînt des mots d'un écrivain décrivant son compagnon comme un type pouvant aisément planquer un chêne sous son blouson.

L'image collait parfaitement à l'instant.

- Tu m'emmènes ou?

- T'inquiète. On va s'arrêter prendre un café manger un croissant, fumer une cigarette et ensuite on ira voir Le Boss.

- Ton Roi-Souffleur?

- Tu vois ma beauté, tu cherches des explications même quand tu as toutes les réponses.

Elle déplia lentement son majeur en lui décrochant son plus beau sourire.

- Avanti!

L'engin se mit à gronder puis à vibrer.

Elle ferma les yeux et laissa la vitesse s'occuper de ses pensées.

La route était libre et ouverte jusqu'à l'horizon.

- Putain, je crève la dalle! hurla soudain Zampano, le visage éclaboussé par le tout premier rayon du soleil.

 

 

 

 

 

 

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- Tu n'as pas dormi, mon Francisco?

- Je n'arrive plus.

- Tu as finis ton épisode?

- Ouais. Ce sont les dernières lignes...

 

- Tu devrais dormir...
- Ça fait des semaines que je n'ai pas fait une vraie nuit, Puce. J'ai la tête en vrac. Je suis bourré de colère. J'ai supprimé tous les coms du blog ciné, fermé le bousin et plongé. Je ne quitte plus mes écouteurs. J'écoute de la musique à me casser la tête. J'attends que la nuit tombe pour aller marcher avec les chiens pour être sûr de ne croiser personne. Je suis le témoin muet de mes insomnies. Ce sont elles qui me dictent le Cri du Chameau.

La journée, j'ai le pilotage automatique totalement parasité. J'ai dépassé l'état second. J'ai tout le quotidien qui penche. J'ai le ventre en feu, je chiale devant tous les films ou l'on est au chevet d'un mourant,  je n'ai plus la force de tenir une conversation ou de voir mes potes et je n'arrive plus à me pencher sur l'époque sans avoir envie de crever. J'envoie tous les emmerdeurs se faire foutre sans aucune diplomatie.

Je suis encore en train de devenir infréquentable.

J'ai tort, je fais le gros con et je boxe dans le vide, Puce. Je boxe dans le vide.

À mon âge, j'aimerais être plus apaisé.

Et puis, tiens,  j'ai envie de me remettre à fumer, histoire de consumer tout ce bordel...

 

- Tu sais que je t'ai acheté des Mars ?

- T'es un amour, Puce...

- T'iras te coucher quand t'auras fini?

- Promis.

- T'es chou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                           Fredo & Francisco ...

 

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Fin de la Saison Deux.

   

 

 

saison trois : L’Été au Frais !

 

 

 

 

 

 

 

Sommaire Saison 2

 

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13/01/2018
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