LES HEURES LIBRES

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LE JOURNAL D'ANDY WARHOL, l'éternité au prix fort

Doc   Série   Art   Carnet intime   Voix intérieure    Love   Spleen
Andrew Rossi

 

 

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Intime, mélancolique et poétique.

Je me suis glissé facilement dans ce flux de pensées assemblé et illustré avec virtuosité par le documentariste Andrew Rossi, d'une icône du 20ème siècle. Six épisodes passant comme un songe tant le procédé assez miraculeux d'une voix synthétique retranscrivant à la perfection les intonations de l'artiste fonctionne à merveille.

Lectures d'extraits soigneusement choisis de son journal qui, sous le spleen laconique d'un ego hanté par l'idée d'être oublié, nous ramènent à l'universel de toute condition humaine. Naître, grandir, puis disparaître.

C'est l'occasion de plonger dans l'univers intérieur, l'ego, les obsessions, tourments et névroses d'Andy Warhol. Que l'on accroche ou non, cette figure incarne l'apogée de la culture underground des années 60 et 70. Transformer une boite de soupe de tomate en oeuvre d'art, démythifier autant que sublimer des symboles et stars planétaires, de Superman à Marilyn, de Popeye à Elvis, de Liz Taylor à Mick Jagger, en démultipliant leurs portraits, les oeuvres de Warhol continuent, aujourd'hui encore, d'influencer nombre de créateurs tant dans le domaine des arts plastique que dans celui de la mode ou de l'audiovisuel. Andy Warhol incarne à lui seul une des nombreuses facettes de l'amérique. Pays berceau de tous les paradoxes. 

 

 

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Tout s'écrit de son parcours.

De son enfance dans les quartiers pauvres d'Oakland à sa fulgurante ascension aux sein du gotha New-yorkais, de ses recherches et de ses amours. Une vie sentimentale fracturée par l'image dégradée qu'il a de lui-même, de ce physique qu'il déteste et qu'il planquera derrière la figure empéruquée que l'on connait. La série dessine enfin l'homme derrière l'image publique souvent caricaturée. Un personnage qui le vampirisera autant qu'il assurera son succès. Pas facile pour ses "amants" et "amis"de se sentir considérés et écoutés lorsque l'artiste, dévoré par l'obsession de la célébrité, se laisse sans cesse charmé par le chant de toutes les sirènes de la renommée.

Au cours de sa dernière décennie, celle des années 80, sa relation d'ami, sans doute amoureux, et mentor avec l'artiste Jean-Michel Basquiat sera aussi prolifique pour les deux hommes que destructrice pour le jeune talent d'avant garde qui décédera moins de deux ans après Warhol. Toute la force de ce documentaire est de ramener ainsi l'humain au premier plan et ainsi de redonner le poids de l'âme à toute une création jugée souvent purement  et froidement "conceptuelle". 

 

Warhol se dérobe souvent à une vie sentimentale que toute son âme pourtant réclame. c'est tout le tragique de cette célébrité planétaire qui le consacre autant qu'elle lui vole son temps et son énergie. Au-delà de ses névroses, paranoïas (il réchappera miraculeusement à une tentative d'assassinat en 1968) et tragédies, s'expriment le fourmillement d'idées et concept qui émergèrent de la "Factory", un loft gigantesque sur la 47ème qu'il achète au milieu des années soixante avant de déménager au 33 Union Square. Un lieu de pélerinage, où foisonnent les installations et expérimentations plastiques , sonores, audiovisuelles de tous genre, où se croisent les artistes les plus renommés de la scène underground. De purs génies côtoient les pires escrocs. Et la richesse de cette série et que tout cela se lit sous le prisme de l'intime, porté par cette voix-off de l'artiste reconstituée et comme réveillée d'outre-tombe. C'est tout l'esprit de l'Amérique underground qui résonne de nouveau. The Andy Warhol Diaries ressuscitent trois décennies d'histoire de l'art contemporain avec fièvre et passion.

 

Même si je reconnais l'importance majeure de Warhol dans l'histoire de l'art je ne suis pas vraiment fan de ses oeuvres et performances. Et pourtant je suis resté captivé. La sensibilité d'écriture et l'intelligence de montage avec laquelle Andrew Rossi agence ses images d'archives avec ses mises en scènes toute en ombres et silhouettes construisent un univers filmique et sonore d'une profonde cohérence. C'est pour moi autant un portrait qu'un essai sur un individu ayant fabriqué sa légende avec une intelligence redoutable. Une éternité payée au prix fort. Celui d'une profonde solitude.

 

 

 

Francisco, 

 

 

 

 

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Dispo sur Netflix 

 

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2022

 

6 X 1H env.

 

 

Series Directed by 

Andrew Rossi

...

(6 episodes, 2022)

Series Writing Credits  

Andrew Rossi

...

(written by) (6 episodes, 2022)

  

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12/04/2022
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