FRANCISCOLAND

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LE CRABE TAMBOUR - Le virus de l'ailleurs

DRAME / GUERRE / POÈME

PIERRE SCHOENDOERFFER

 

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Version restaurée - Blu-ray 2019.

 

 

 

 

 

 

Âmes contemplatives, n'hésitez pas à embarquer

Quelque mots sur ce lent et hypnotique poème sur la guerre, le sens du devoir, la fugue, la mer et l'ailleurs...

Évocation par échos et souvenirs de la figure mythique d'un militaire au caractère singulier, le "Crabe-Tambour" (solaire et magnétique Jacques Perrin) au travers d'une galerie de personnages noyant, dans les embruns et sous le ciel bas des bancs de Terre Neuve, leur nostalgie d'aventures et amitiés fraternelles .

 

"Qu'a tu fait de ton talent ?" semblent tous chuchoter ces sentinelles mélancoliques, soldats chassés de leurs guerres mais prisonniers du devoir. Cette errance sur les terres du souvenir et dans cette "maladie des illusions perdues" me fait à chaque vision penser à une version marîtime du Désert des Tartares de Buzatti, cultivant avec la même grâce ce sens de l'absurde et cette sensation de temps pétrifié.

La fuite permanente de l'aventurier incarné par Jacques Perrin renvoie à ces hommes qui ne l'ont jamais oublié l'image d'un militaire comme affranchi de l'uniforme et près à tous les risques pour laisser s'épanouir en lui ce virus de l'ailleurs qui forge les grands destins. Tous semblent s'être résigné à conduire leurs missions jusqu'au bout et s'en consolent en s'accrochant au fantôme du Crabe-Tambour.

 

 

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Jean Rochefort, Claude Rich et Jacques Dufilho. Quelle affiche !

Il n'en existe plus des acteurs de cette trempe.

Figures de cinoche dont la seule présence suffit déjà à nous entrainer en littérature.

Commandant, médecin de bord ou chef mécano, tous s'expriment ici comme des poètes.

 

À l'image du Crabe-Tambour le récit lui-même invite en permanence le spectateur à la rêverie et à la digression.

Ellipses, visions fugaces, mises en abîme, récits gygognes, on verrait presque planer l'ombre d'un Terrence Malick aussi bien dans la construction que dans la mise en image (on a rarement mieux filmé la mer)

Si vous vous sentez l'âme contemplative, n'hésitez pas à embarquer.

Rythmé par la houle, ses visions de mer du Nord et du Labrador s'échappant parfois dans les brumes du Mékong, ce grand film magnifié par l'immense chef-opérateur et aventurier qu'était Raoul Coutard (les images irradiantes du Mépris de Godard, c'était lui) avance en prenant soin de ses mystères.

Ce grand mystères des êtres que les secrets, les blessures et trahisons condamnent à la plus grande solitude. 

 

"Adieu vieille Europe, que le diable t'emporte !"

Ce virus de l'ailleurs voit s'éloigner les vrais aventuriers et ronge les hommes soudés à leur mission.

Tout est dit ici de la vie et des choix qui libèrent ou emprisonnent.

Le spectacle du Crabe-Tambour est d'abord celui d'une guerre intime.

C'est ce qui en fait, quarante ans après sa sortie, une oeuvre unique, increvable et universelle à redécouvrir aujourd'hui dans une superbe copie restaurée.

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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LE  CRABE-TAMBOUR

1977

2H

LE BLU-RAY : Aucun supplément mais un grand film dignement restauré. Précision et niveau de détail très satisfaisants. Étalonnage photo fidèle à mon souvenir en salle. Une restauration respectueuse de la divine texture argentique de ce véritable poème visuel (On a rarement aussi bien filmé la mer)

Réal:

Pierre Schoendoerffer

Scénar:

Jean-François Chauvel (adaptation), Pierre Schoendoerffer (adaptation) | 1 more credit »
 
 
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08/04/2019
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