FRANCISCOLAND cinoche, amour, orages et épopées

FRANCISCOLAND    cinoche, amour, orages et épopées

JOHN WICK c'est con mais c'est bon

ACTION

CHAD STAHELSKI

 

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John Wick   par   AndrewKwan

 

 

 

 

 

 

 

 

Allez, une tartinée sur John Wick !

Au royaume du revenge-movie-au-scénario-hyper-basique, cette petite perle s'impose.

Parce que même si l'édifice reste bas de plafond (synopsis : je me venge et je nique tout le monde) l'ensemble est d'une incroyable élégance.

 

Visuellement, pour un film de "prend ça dans ta gueule" et "Pan-pan t'es mort, fils de personne" la réalisation est impériale et la photographie divine. Il faut préciser que Chad, le réal, possède les codes du cinéma d'action non seulement dans la tête mais partout dans le corps jusque dans les tripes. Ce type fut un cascadeur hors-pair et la doublure de Keanu Reeves dans Matrix. L'action, il l'aime et il sait la mettre en valeur.

John Wick c'est le mariage réussi de deux potes qui se connaissent depuis pas mal d'année et décident de lancer une nouvelle franchise bien badass, décomplexée du bulbe, balançant un grand coup de pied dans le cul du réalisme et le tout en sachant exactement ou placer la caméra et comment découper une bonne scène d'action sans baver partout.

Parce que, oui,  il est bien là le grand kiff non-coupable de se mater John Wick via un Blu-ray top-démo : La parfaite lisibilité des scènes d'action !

À l'époque des misérables "caméras secouées" ça mérite déjà la légion d'honneur.

Et les scènes d'anthologie de s'enfiler comme des perles.

 

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Dans un New-York d'opéra magnifié par l'habile directeur photo John Sela (Atomic Blonde, Deadpool 2) John Wick devient la valse viennoise du flinguage en règle et du démontage de rotules à la chaine. 

Pas de débats, tout le monde danse et c'est très beau à regarder. On y développe l'art du "Gun Fu", subtil mariage de kung-fu et de gunfight à la John Woo. On peut vraiment parler ici de chorégraphie.

Et tout ça pour un budget 5 fois inférieur à celui d'un prétentieux blockbuster. Une bonne affaire qui rapportera 6 fois la mise et enchainera avec une suite encore plus opératique. (J'ai repris mon pied mais bon, je ne vais pas passer ma vie à chroniquer du John Wick alors qu'il me reste tant de fondamentaux à aborder)

Avec John Wick ( dont les initiales sont un hommage au cinéma de John Woo) nous entrons dans l'univers précieux de l'artisanat d'art de la grosse castagne qui tache. De la série B Pulp hard-boiled soucieuse de délivrer encore du vrai cinéma.

T'es beau, John.

Vraiment.

Et en plus, quand tu sors en Blu-ray, t'es fringué en Steelbook.

 

Bon.

Alors tout cela, même si c'est très con sur le fond, il faut l'incarner un minimum.

C'est le moment d'évoquer cette petite fragilité dans le regard de Keanu Reeves qui apporte ce petit supplément d'âme au plus redoutable flingueur du monde. Il y bien un coeur qui bat sous le costard de cette machine à tuer. John porte dignement le deuil et laisse affleurer sa rage non sans une certaine finesse.

Rage, deuil. Voilà qui nous ramène au motif premier. La vengeance.

Comment lui en vouloir de vouloir venger la mort de son adorable petit chien, dernier cadeau de sa femme disparue. J'apporte cette précision pour bien insister sur le fait que John Wick c'est un peu plus que la simple histoire d'un "mec qui venge son chien" comme nous avons tous pu le lire ici et là.

Stop à la caricature et à la critique super injuste !

 

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Sur un plan psychanalitique, le petit chien n'est que l'objet précieux d'un surinvestissement affectif réparateur.

Aussi, en interrompant brutalement cette mécanique transitionnelle, les gros méchants dégueulasses du film ne se rendent pas compte qu'ils vont ainsi rouvrir la plaie du deuil originel et enfoncer les portes de l'enfer de la vengeance implacable qui tue tout sur son passage. Flinguer le toutou et en plus piquer la bagnole du mec c'est non seulement à vomir mais c'est négliger totalement les conséquences dramatiques d'un tel acte. Nous sommes bien là dans l'inconscience pure et simple.

Le principe de réalité va vigoureusement s'imposer : la famille Tarasov va prendre cher.

Et, perso, je trouve que c'est mérité.

John Wick, paré d'invicibilité de part son savoir-faire et sa colère, va donc nous permettre de jouir pleinement d'un nettoyage de malfaisant de première main. Et le plaisir c'est le carburant premier dans la vie d'un cinévore.

Après, j'avoue que même si il n'avait pas perdu sa femme, j'aurais compris que John Wick venge juste la mort de son petit chien. Vous allez voir, il est vraiment super chou.

 

Pour terminer, ajoutons que Keanu Reeves n'est pas seul dans cette aventure.

Ils sont nombreux à venir se fendre la gueule.

On a le plaisir de croiser, au milieu de cet écumant ball-trap, le regretté Michael Nyqvist,  le classieux Willem Dafoe, le sympathique John Leguizamo et le Nicholsonien Ian McShane. Côté nanas, la redoutable Adrianne Palicki assure méchamment et la présence délicieuse mais fantomatique de Bridget Moynahan rend bien compréhensible ce petit moment de fâcherie dans le coeur du héros.

Ouais, franchement, moi, John Wick, je l'ai vraiment bien compris.

Y a plein de morts mais c'est que du bonheur.

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JOHN WICK

2014

1H40

LE BLU-RAY :   À se flinguer la rétine. Un implacable top-démo.

Directors:

, (uncredited)

 

Writer:

 

 

 

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09/08/2018
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