LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & Co

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DUNKERQUE, l'engagement

GUERRE

CHRISTOPHER NOLAN

 

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Encore une grande leçon.

À l'heure où le cinéma "à grand spectacle" et notamment la saga Star Wars agonise sous les effets spéciaux en numérique (toutes les grandes scènes d'action des Derniers Jedi ressemblent à des cinématiques de jeux vidéos) l'immense réalisateur de la trilogie Dark Knight, Interstellar et Inception remet des milliers de figurants en scène le long des plages de Dunkerque, reconstruit une jetée, fait chavirer des navires,  et accroche des caméras Imax sur les ailes des avions, les plongent dans l'océan et colle au pas de jeunes soldats guettant, dans une terreur muette le retour des bombardiers allemands.

Peu importe si, ici et là, apparaissent quelques constructions des années 60 et quelques toits de pavillons modernes, peu importe si la météo ingérable de Dunkerque rend impossible les raccords lumière, Nolan fuit les CGI et refuse de se reposer sur les retouches en post-prod.

 

Parce que Dunkerque c'est le contraire du cinéma pop-corn de paresseux, le contraire du trip pour geeks attardés, totalement lifté aux CGI et conçu par des informaticiens le cul rivé au fauteuil.

Dunkerque ne plaira pas aux spectateurs en chaussons ni aux esprits étroits ou Marvelisés à la punchline bien moisie et à la posture "super cool"parce qu'ici règnent l'exigence et la rigueur.

Une narration sobre et austère, salée aux embruns du grand large.

Dunkerque c'est du cinéma avec une âme, du coffre et des couilles.

Un film totalement engagé sur "le terrain" de son tournage.

Quand on aime le vrai cinéma, assister à pareil spectacle fait du bien partout.

 

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L'art de la mise en scène touche ici au sublime.

Qu'un avion ennemi pique vers la mer dans un long panache de fumée, avec au premier plan l'amorce du Spitfire d'un héroique aviateur, et la notion de "grand cinéma" retrouve ici toute sa superbe.

La grâce des mouvements, la somptueuse photographie de Hoyte Van Hoytema (Her, Interstellar, le seul chef-op capable de trimballer une énorme caméra sur l'épaule en bateau et d'assurer un mouvement fluide) et le niveau de détail étourdissant du format Imax ouvrant une profondeur de champ vertigineuse font le reste. Un gigantesque mouvement d'ensemble servi au mieux par le Blu-ray et assemblé avec une folle virtuosité par le dieu du montage et fidèle frère d'arme de Nolan : Lee Smith!

Les séquences s'enchainent avec une grâce admirable. Sur terre, sur mer et dans les airs sous le feu ennemi. La danse des quatre éléments pour un récit allant droit à l'essentiel.

 

Bien sûr, Dunkerque reste un film à découvrir sur le plus grand écran possible pour prendre la mesure du prodige accompli. Décors, costumes, on peut saluer le travail de titan d'une direction artistique de premier ordre. Plus que jamais Nolan s'affirme en véritable général d'armée du septième art. Ardent défenseur du cinéma des premiers temps. Ce génie fait souffler le vent de l'ambition et du courage.

Plus d'un siècle après la naissance du cinéma Dunkerque affiche le luxe  et le panache d'un film de pionnier.

 

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L'intrigue, épurée, se concentre sur le mouvement premier.

Celui de la vie, de la survie, du combat et de l'élan de solidarité qui portent parfois les être à se surpasser.

Peu de mots, ici les regards parlent.

Inutile de contextualiser davantage. le propos est limpide et le message universel.

 

Nous voilà immergés dans une expérience cinématographique absolument unique et admirable à tout point de vue. Une sensation de cinéma en prise directe. Débarrassée de tout discours cette leçon de résistance n'en est que plus efficace. Voici un hommage magnifique au hommes qui résistent et une déclaration d'amour au cinéma.

Christopher Nolan, est pour moi l'équivalent d'un Kubrick (même soucis du détail, même perfectionnisme au service d'un cinéma grand public, et, derrière le triomphe absolu de l'image, un propos universel)

Ce géant signe avec Dunkerque son plus beau film de super-héros.

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

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Dunkerque revisité

Retour aux origines          (Spoilers droit devant!)

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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Du côté des membres

 

 

Mariano adhère à la philosophie de "la vie en vrai" et nous renvoie à cet article consacré aux réalisateurs défenseurs de la bonne vieille peloche, résistants à la numérique attitude et opposés la présence des portables sur leurs tournages :

 

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Thierry n'a pas vraiment embarqué pour Dunkerque.

J'ai un peu de mal à m'en remettre mais voici la chronique sur son site que je vous invite à découvrir :

 

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( je n'exclue pas l'idée qu'il le revoie dans quelques temps et se prenne une bonne petite claque)

 

Bonnes lectures !

 

 

 

 

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DUNKERQUE

2017

1H45

 

LE BLU-RAY :   Le top du support. Précision et niveau de détail stupéfiants. Énorme spectacle. Respectueuses des intentions du cinéaste les bascules du format IMAX (la quasi-totalité du film emplira votre écran avec ravissement) aux traditionnelles bandes noires du 2.20 ne m'ont absolument pas perturbé. 

 

Director:

 

 

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03/01/2018

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