Les Chroniques Ciné de Francisco

Les Chroniques Ciné de Francisco

DRUNK, retrouver l'ivresse

DRAME / COMÉDIE

THOMAS VINTERBERG

 

 

 

 

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Une petite leçon de spleen bien arrosée.

Histoire d'un prof mort-vivant et de ses quatre potes, s'emmerdant tous autant les uns  que les autres, bien décidés à expérimenter une théorie selon laquelle picoler régulièrement serait bénéfique puisque nous vivrions tous notre vie avec un déficit de 0,5 g d'alcool dans le sang (théorie nébuleuse démentie par son auteur, Finn Skarderud). Un programme ô combien réjouissant qui, on s'en doute un peu, va les faire passer de l'ivresse libératrice aux affres de l'alcoolisme et ses dévastations.

Le parcours reste assez prévisible, incontournable poncif de types égarés dans leurs solitudes ou leurs vies de famille décomposées avec épouses délaissées ou autoritaires et enfants ingrats, mais il nous offre son lot de scènes drôles, jouissives et émouvantes. Le plaisir de  goûter à Drunk repose aussi sur les prestations totalement emballantes de ses quatre acteurs sur lesquels règne le charismatique Mads Mikkelsen (Valhalla Rising, Hannibal). Il tient ici un des  rôles les plus complets de sa carrière. Il nous embarque sans peine.

 

 

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À l'image de ses personnages furieusement attachants, Drunk navigue habilement entre la comédie et le drame. La première soirée de biture joue avec grâce sur ces deux registres. La séquence est magnifique. On a le coeur serré puis on se marre.

Le réalisateur de Festen dresse avant tout le portrait d'êtres humains, piégés et blessés par le mal d'amour et l'absurdité de l'existence qui en découle, et, forcément, le spectacle touche au coeur. Dans ce monde qui voudrait aseptiser les sentiments l'ivresse semble être le dernier refuge. Quel qu'en soit le prix à payer. Oui, tout cela est bien foutu, bien filmé et bien joué et a le bon goût de ne verser ni dans l'apologie de la picole ni dans la leçon de morale. S'abandonner à l'ivresse peut libérer notre créativité et notre appétit de vie mais c'est aussi jouer avec le feu. Le film embrasse subtilement le paradoxe. C'est ce qui en fait un bon film, super agréable à suivre, mais certainement pas un chef-d'oeuvre.

 

Non, Drunk n'est pas pour moi "le meilleur film de l'année".

Il reste dans le peloton de tête mais ne possède ni la richesse visuelle ni la densité narrative du Mank de Fincher pour prétendre à la première marche du podium. Vinterberg nous émeut mais il a le désespoir poli. Certes, le message passe bien mais nulle folie, nulle dinguerie incontrôlée ni de virulence anar ne le porte.  Sur le même registre, je me souviens de la colère et de la hargne nihiliste du Ferreri de La Grande Bouffe. Un cinéma disparu. Un cinoche de l'écoeurement, fustigeant son époque, moins soigné  propret et consensuel que ce "beau" film de Thomas Vinterberg, mais qui bousculait, choquait, réveillait la critique en lui filant la gerbe. Drunk m'a séduit, ému, mais j'attendais l'ivresse.

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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2020

2h

Le Blu-ray :  Qu'importe le flacon ? Pas vraiment. Grâce à ce transfert clair net et précis c'est champagne sur tous les plans

Réal:

 Thomas Vinterberg

Scénar:

 Thomas Vinterberg (screenplay), Tobias Lindholm (screenplay) 

 

 

 

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17/06/2021
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