LES HEURES LIBRES

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DON'T LOOK UP, ça sent vraiment la fin

Anticipation   Feel-bad comédie  
Adam McKay

 

 

 

 

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Une comète file droit sur la terre et tout le monde (ou presque) s'en branle joyeusement. Un pitch sympathique pour la grande feel-bad-comédie de ces glorieuses fêtes de fin d'année sous Omicron et interdiction de danser en groupe. (Mais bon, le plus important est de rester positif)

 

Voici donc Don't Look Up, la toute dernière grosse prod Netflix au casting dévastateur. Di-Caprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Jonah Hill, Tyler Perry, Cate Blanchett, Mark Rylance, Timothée Chalamet... un tapis rouge de stars pour célébrer cette fin du monde signée Adam McKay. Un réal et scénariste venu de la téloche sur le terreau de la comédie et qui a su, sur ses derniers titres, attirer les têtes d'affiches grâce à des scénars solides et engagés. Que ce soit sur The Big Short ou Vice, on sentait bien les Brad Pitt, Ryan Gosling, Christian Bale ou Steve Carrell se régaler de savoureuses lignes de dialogues sabrant le libéralisme sauvage et la grande déglingue morale et politique d'une Amérique (d'un monde) au bord du gouffre. 

 

Et cette fois, ça y est, c'est vraiment la fin.

Une comète file droit sur nous et jusqu'au bout la foire politique et médiatique fera jouer l'orchestre. La satire est féroce, on grince plus qu'on ne se marre et tout le monde en prend pour son grade, la grande messe des réseaux sociaux menant la danse avec en chef d'orchestre une Meryl Streep déchaînée en  présidente "Trumpette" de l'apocalypse secondée par un Jonah Hill comme on l'aime en fiston dégénéré. Ça braille, ça exalte le déni et le complotisme face aux vaines tentatives des scientifiques d'instaurer le principe de réalité. Au milieu de ce gigantesque bordel rapidement trépidant, on ne voit pas passer les deux heures vingt, je salue également la prestation dantesque de Mark Rylance en géant de l'intelligence artificielle définitivement perdu pour l'humanité. 

Le côté le plus dramatique du métrage est de trouver tout cela peu subtil voir un peu con pour ensuite réaliser avec horreur que non, c'est bien la vie qui est devenue comme ça. L'aberrant déni politique mondial autour du catastrophique réchauffement climatique, l'écrasant et lénifiant autant qu'hystérique pouvoir des réseaux sociaux sur tout les débats sont notre réalité. Difficile alors de ne pas avoir envie de faire exactement comme Di Caprio. Hurler un bon coup.

 

 

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Donc ça hurle et ça balance deux trois répliques bien senties (pas plus, hein, on est ici au coeur d'une population scotchée à Twitter et Insta) en attendant la fin. La cruauté de la comédie est aussi jouissive que mortifère.

Certaines critiques ont fait allusion au Docteur Folamour de maître Kubrick. il y a bien en effet cette référence directe lorsque Ron Perlman, en cow-boy de l'espace, file en chantonnant vers la comète aux commandes de sa flottille spatiale de missiles atomiques mais, soyons sérieux un instant, ça s'arrête là. La mise en scène de McKay, aux effets botoxés, reste totalement anecdotique (comme celles de The Big Short ou Vice) et personne dans le casting ne développe le génie comique de l'immense Peter Sellers. J'aurais mieux senti un David O. Russell sur ce coup là.

 

Je le disais, Don't Look Up est d'abord le reflet de notre époque. C'est hautement divertissant, bruyant, clinquant, mais quelque part plane le silence des hauts fonds (ou du vide sidéral). Et il fout vraiment la trouille ce grand spectacle d'un paysage déserté par l'intelligence ...

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2021

 

2h20

 

 

 

 

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30/12/2021
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