Les Heures Libres

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DAY SHIFT, comme un étrange besoin de partage

Film de vampires  Gore  Comédie  Blaxploitation  Buddy-movie  Navet
J.J. Perry

 

 

 

 

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Dans toute existence, y compris celle d'un chroniqueur ciné mondialement inconnu, il est bon pour l'équilibre intérieur de se laisser un peu aller. Voir, devenir un peu con. Le temps d'un barbecue, d'un apéro ou d'un film. D'autant que de se vautrer dans son canapé pour se Netflixer un bon gros trip régressif n'est absolument pas quelque chose de sale ou de répréhensible. Entre deux oeuvres tragiques et poétiques, il n'est pas interdit par la loi de savourer le démontage de vampires à grands coups de savates, de gros flingues chargés au bois et fourrés à l'ail. Surtout quand ces créatures sérieusement débridées des canines  sont doublées par les contorsionnistes du Cirque du Soleil (dixit Netflix). Il faut avouer que la première scène de baston envoie du lourd côté pliage arrière et assouplissement façon Exorciste. Du bon boulot de cascadeur garanti sans CGI et franchement spectaculaire.

Hé ouais ! j'ai pris un plaisir surréel à suivre Jamie Foxx et Dave Franco (petit frère de James) dans ce buddy-movie dépourvu de scénario mais bien enlevé narrant les missions de nettoyage de chasseurs de vampires. Les apparitions de Snoop Dog sont là pour appuyer un peu plus l'hommage aux films de la Blaxploitation des années 70 où le triomphe de la classe et de la bravoure échappaient enfin aux blondinets d'Hollywood. Le design de l'affiche signe cette référence.

Je dois aussitôt ajouter que je suis un big fan de Jamie Foxx, depuis Miami Vice, Collateral, Ray et, of course Django Unchained. Ici sa carrure et son sens inné du comique font merveille. Il s'amuse comme un fou et nous avec lui. Ce mec pourrait me lire l'annuaire (célèbre ouvrage du vingtième siècle) que je resterais attentif et amusé.

Autour de lui, apparaissent ici et là quelques seconds couteaux bien affutés comme un Scott Adkins plus musculeux que jamais, un Eric Lange coupe mulet franchement hilarant et l'incontournable Peter Stormare. Dans le rôle de la reine des monstres sanguins, l'égérie de la série El Presidente Karla Souza assure le job sans trop se fouler mais bon, ça passe, vu qu'on s'en fout un peu. Bref, c'est de la grosse déconnade de luxe. Si vous marchez là-dedans, vous allez voir, c'est une bouzasse qui ne sent pas trop mauvais et porte bonheur.

 

 

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Bien sûr la condition première pour passer un bon moment à regarder ce truc joyeusement con à l'humour pipi-caca est de ne rien attendre de sa narration à la cool et totalement détendue voire libérée du neurone. Imaginez le plan. L'enjeu pour le héros fraichement divorcé est de se faire un max de blé en arrachant et vendant de la canine pour renflouer les caisses de sa petite famille. Sinon, c'est le déménagement assuré pour sa magnifique ex-femme et alors, adieu les virées avec sa fille trop chouchou au palais des glaces à la fraise. juré, c'est ça. Objectif pour sauver le tout : dézinguer un max de draculas californiens en balançant deux trois punchlines bien lourdingues et c'est parti les bourrins pour un Grand Huit pas franchement vegan.

Tout ça pour dire que j'ai éprouvé plusieurs fois la sensation de passer 1h50 en compagnie du petit frère débile mais amusant et survolté du Vampires de John Carpenter (1998). Une série B (à gros budget) flirtant avec le Z d'une manière totalement décomplexée. Soyons honnête, visuellement, la chose ne fait jamais pitié. Photographie chaleureuse et scènes d'actions bien torchées font passer l'engin avec en bonus, je dois le préciser, une poursuite en bagnole bien emballée.

Bon, j'avoue, après huit ans de blog, que ce n'est pas très sympa de ma part de te conseiller de perdre une heure cinquante de ta noble et précieuse existence à regarder ce truc mais, étrangement, j'ai éprouvé comme un gros besoin de partage. J'ai bien conscience que ça va nuire à ma crédibilité mais comme j'aime être dans le vent (j'ai toujours été à la pointe)  et que c'est très tendance d'étaler "sa part d'ombre" au grand jour, je suis obligé de t'avouer, chère lectrice et lecteur bien aimés, que, oui, cette grosse daube aux couleurs chatoyantes m'a fait du bien. En fait, je crois bien que je l'attendais. Une forme de "nanar solaire", histoire d'aborder avec fraicheur et légèreté cette fin d'été caniculaire qui m'a un peu grillé le cerveau.

 

 

 

-  That's what I love about LA. All the damn vampires.

 

 

 

 

 

Francisco, 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2022

 

1h50

 

  

 

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13/08/2022
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