SUR LES AILES DU SOIR

SUR LES AILES DU SOIR

CRASH, les promesses de l'ombre

HORS-PISTE

DAVID CRONENBERG                                                                                 BLU-RAY

 

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Une restauration au poil.

Tous les compteurs sont au vert, définition, niveau de détail, couleurs, contrastes et respect de la patine argentique. Une édition Blu-ray inespérée qui va permettre d'incinérer le DVD (merci Carlotta)

L'occasion de me remettre aux chroniques ciné en vous invitant, pas tous mais les plus barrés d'entre vous, à plonger ou replonger avec délice dans cette grande dérive déviante et tordue d'êtres vivants sur la frange. Dans la pâle lumière et les ombres de cette "Dead Zone" où désir et plaisir ne s'éprouvent qu'en tutoyant la mort et en embrassant douleur et scarification. Tout un programme !

Littérairement, quasi du Georges Bataille tout en restant fidèle à l'esprit du bouquin original de J.G. Ballard.

 

Crash, donc.

Parabole assez joussive, pour ma part, d'une fin d'humanité où l'homme fusionne avec son prochain dans le choc mécanique ultime : l'auto-tamponeuse pour de vrai. Délicat mariage de la chair au métal. 

Voici donc un truc super-culte, trip bien barré qui craint un peu côté sécurité routière mais assumé avec noblesse par le papa du Festin Nu et des Promesses de l'Ombre : maître Cronenberg.

La balade, désincarnée à souhait, n'a rien d'un conte narré au coin du feu. Aussi ne vous attendez pas à un récit avec intrigue et résolution. Ici les amants échangistes suicidaires  et performers limites se livrent et se délivrent tout au long d'un spectacle proche de la danse contemporaine. Globalement, Cronenberg a rarement été là pour vous rassurer.

 

Alors, s'il vous plait, on déconfine un peu et on oublie les repères et le traditionnel. Ici, on s'abandonne au trouble et aux savoureux soubresauts émotionnels de ce sombre métrage sinon, autant retourner sur Netflix se cogner une bonne série bien addictive avec twists livrés à la pelle.

Crash, c'est du cinoche sans compromis qui peut, certes, vite faire chier le béotien voir nous filer la déprime, mais caresse indéniablement nos âmes poètes.

Crash, Un étrange ballet où une chouette galerie d'acteurs bien impliquée s'abandonne, aussi bien dans le jeu que dans la diction, au rythme hypnotique de l'ensemble. Et moi, perso, j'adore ça. Faire des sorties totalement hors-piste, de plus d'une heure et dans un rayon de plus d'un kilomètre.

Le tout sans masques.

L'humain à nu.

 

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Tourné au milieu des années 90, l'épure de la mise en scène, la froide et somptueuse photographie du fidèle Peter Suschitzky (à l'oeuvre chez Cronenberg depuis Faux Semblants) épousant le scénario aux dialogues dépouillés jusqu'à l'os du père David, tout cela dessine aujourd'hui une oeuvre d'une surprenante actualité et d'une profonde modernité.

On imagine, d'ailleurs, à quel point la froideur et la précision clinique de l'image numérique irait aujourd'hui à ravir à ce requiem pris dans les glaces du bitume, du sang, des cicatrices et du sexe libre. Mais voilà, l'ouvrage affiche malgré tout ses 26 ans d'âge, mais attention les bourrins, avec une patine visuelle, une matière vibrante et un sens du cadre qui en impose largement aux tâcherons d'aujourd'hui.

 

En gros, sur le fond comme sur la forme, ça tient toujours la route.

Même carrément. Disons-le.

Difficile à conseiller mais impossible à oublier. 

Crash, ça déchire.

 

- Are you Hurt? 

- I think I'm all right... 

- Maybe the next time, darling. Maybe the next time.

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

Liens IMDB :

CRASH

1996

1H40

Director:

 David Cronenberg

Writers:

 J.G. Ballard (novel), David Cronenberg

  

  

 

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31/10/2020
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