FRANCISCOLAND. à la poursuite du lapin blanc !

FRANCISCOLAND.     à la poursuite du lapin blanc !

CLIMAX : Louange. Son. Démence

OVNI

GASPARD NOÉ

 

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C'est aussi ce que j'apprécie dans un Gaspard Noé.

Ne pas me sentir obligé de le chroniquer.

Ne pas pouvoir le conseiller.

On ne refile pas un tel ovni rageur et frénétique entre les mains de n'importe qui. Gaspard Noé ne fait, heureusement, que son cinéma et son cinéma ne se partage pas facilement. Il n'appartient qu'aux amoureux dingues de l'expérience unique. Climax est un geste. Un acte. Un nouveau chapitre du manifeste de Noé complétant son nouveau testament d'apocalypse. Climax débride à son tour la vision et nous reconnecte à nos sensations primales. Un gigantesque mouvement de cinéma embarquant cette danse de vie et de mort en une série de prodigieux et hypnotiques plan-séquences. 

 

Vous avez le droit de ne pas vous imposer la séance.

Elle est particulièrement éprouvante.

C'est du cinéma qui bouscule, flanque des baffes, ravi et fait mal. Ce bon vieux cinoche inconfortable à la cruauté pasolinienne apte à diviser la critique en deux camps bien distincts. Les addicts de cette rage saine libérant l'art dans la douleur et ceux qui préféreront qualifier de vaine toute cette agitation.

 

Pas un plan ici n'est vain.

Ici, comme chez tous les maîtres, l'image triomphe. C'est un cinéma libéré du discours et puisant sa force du mouvement. Un cinoche de l'abandon et de la performance. Celle mue par ces pulsions et émotions organiques qui nous font naitre, vivre, vibrer, baiser, souffrir puis mourir.

Tout le Krump de l'existence... jusqu'à la bascule. Tricherie d'une substance illicite dans la sangria transformant l'élan de vie et sa chorégraphie en transe des suppliciés.

C'est somptueux, vigoureux, effrayant, terrifiant et sans cesse fascinant.

 

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Climax, plus qu'un film est donc bien une expérience.

Un grand saut dans le tableau d'un spectacle de danse contemporaine furieusement sexy, trash, violent et délicieusement déviant. Un parcours totalement hors piste dans lequel il faut accepter de plonger jusqu'à la suffocation.

La rage de vivre éclate durant les 30 premières minutes d'une hallucinante séquence de répétition où tous ces acteurs-danseurs déchirent l'espace et libèrent une énergie phénoménale dans le virtuose plan-séquence d'un scope Olympien cadré magistralement par le chef-op attitré de maître Noé : Benoît Debie!

Puis commence un long cauchemar dans ce décor unique d'une salle communale transformée, par la grâce de la photographie, en antichambre de l'enfer. Après l'éclat de cette entrée en scène nos yeux subissent alors la contagion de cette patine saignante, onirique et parfois crasseuse de Lover, Enter The Void ou Irréversible.

 

Dans les eaux calmes et tièdes du cinéma français d'aujourd'hui se laisser emporter par ce torrent furieux est une sensation délicieusement douloureuse.

Le cinoche de Noé à du coeur, de la matière et cette une énergie préhistorique. La rage. La rage de toute cette fringale de vivre que notre mortalité vient sans cesse corrompre. 

Eh bien, dansons maintenant !

 

 

 

 

Francisco,

 

 

 

 

 

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 Noé                           Trois Couleurs


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CLIMAX

2018

1H35

 

LE BLU-RAY :  " ... Après l'éclat de l'entrée en scène nos yeux subissent alors la contagion de cette patine saignante, onirique et parfois crasseuse de Lover, Enter The Void ou Irréversible."

C'est beau. C'est très beau. Toute l'intelligence de la HD lorsqu'elle est traitée avec génie.

(Adeptes du lisse et du piqué tranchant passez votre chemin)

 

 

 

 

Réal:

Gaspar Noé

 

Scénar:

Gaspar Noé

 

 

 

 

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27/01/2019
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