Les Chroniques Ciné de Francisco

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CAPITAINE CONAN, la guerre et après?

GUERRE  DRAME                                        

BERTRAND TAVERNIER

 

 

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Tavernier s'en est allé*

Cinéphile gourmand, amoureux fou du western et digne représentant d'un cinéma de genre à la française. De la chronique sociale et polar crasseux aux films d'époque et de cape et d'épée, il m'aura offert avec son Capitaine Conan mon Tavernier préféré, juste derrière l'Horloger de Saint-Paul, un premier film d'une limpidité et d'une simplicité miraculeuses. Une forme, pour moi, de film parfait.

Je salue ce soir quelques belles pièces de cinoche comme le "serial polar d'époque" Le Juge et l'Assassin avec un Galabru terrifiant, le truculent Coup de Torchon, la SF et magnétique Mort en Direct ou l'amer polar L.627 et je n'oublie ni la fraicheur de La Fille de D'Artagnan ou Un Dimanche à la Campagne, ni la rage de Ça Commence Aujourd'hui. Je n'oublie pas non plus le plus grand biopic sur un géant du jazz (après le sombre et majestueux Bird d'Eastwood) l'élégant et mélancolique Autour de Minuit. Tavernier c'était un cinéma souvent engagé, aux épaules solides et aux pieds bien plantés dans le réel.

 

 

Mais revenons à ce grand soldat.

Personnage iconique. Inoubliable. Grandiose et pathétique.

25 ans après sa sortie en salles, Capitaine Conan a toujours fière allure dans son scope flamboyant!. Le plus grand rôle de Philippe Torreton avec celui d'Alain Marécaux dans Présumé Coupable (deux rôles de personnages sacrifiés au nom de la Loi et l'ordre).

Il incarne son personnage avec un engagement total. Sa diction "début de siècle" déroule à la perfection les dialogues de Jean Cosmos. Une prestation inoubliable dans le rôle d'un véritable "guerrier" de 14/18, chef d'une unité d'élite de cinquante hommes, sur le front des Balkans. Les "corps Francs". Des tueurs "officiels" semant la terreur derrière les lignes ennemies en chargeant par surprise jusqu' au corps à corps.

" On lui voyait le blanc de l'oeil au frère..."

Une présence et une intensité au combat littéralement "addictive" pour ces têtes brulées que la fin de la guerre abandonnera à leurs fantômes. La guerre et après... Récit de "l'impossible retour au pays"pour ces hommes programmés officiellement pour la violence.

 

Face à Conan, Norbert  Un jeune idéaliste, symbole de morale et de droiture, incarné par Samuel Le Bihan.  Ce jeune officier est lui aussi "fasciné" par ce personnage de "guerrier parfait" protégeant ses hommes, aussi bien au feu que face à une hiérarchie présentée ici comme, au mieux,  lointaine, au pire, incompétente (immense Claude Rich et savoureux François Berléand). Une forme d'inaltérable intégrité sur laquelle ces deux personnages se rejoignent. Un attachement qui poussera Norbert à retrouver Conan, bien après la guerre, dans une séquence finale déchirante. Le Héros de guerre s'est échoué dans un quotidien désormais vide de sens. Après des années en première ligne le tueur professionnel est au café du coin... abandonné, oublié, vieilli, seul, triste, bouffi par l'alcool et étourdi par les échos d'une guerre qu'il est désormais seul à mener.

Très grand moment de cinéma qui résume à lui-seul les conséquences d'une guerre sur un homme renvoyé brutalement à la "vie civile". Ce face à face de deux hommes d'éducation et de rang différents créé toute la dynamique du film. En cela Tavernier semble se glisser dans les pas des magnifiques Croix de Bois de Raymond Bernard (1932). 

Capitaine Conan s'affirme comme un très grand film sur l'empreinte de la guerre.

 

 

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Formellement, le cadre, ici dans son format d'origine, est de belle tenue et aligne de beaux plans-séquence dans les scènes charnières. Un exploit compte-tenu des conditions éprouvantes d'un tournage de cette envergure ramassé sur sept semaines. La photographie d'Alain Choquart, naturaliste mais aux couleurs profondes, est ici parfaitement rendue par ce Blu-ray aux contrastes solides et respectueux du grain cinéma. Deux trois sautes d'images, rien de bien méchant, mais l'ensemble offre un niveau de détail renversant et offre une totale et jouissive redécouverte de cette oeuvre nécessaire.

 

Capitaine Conan est aujourd'hui un classique à posséder. Un Voyage au Bout l'Enfer made in France que l'on peut désormais rapprocher du Démineurs de Kathryn Bigelow,  dans sa manière d'embrasser totalement son personnage principal pour mieux dénoncer les "effets" de la guerre.

Trois films rudes mais profondément humanistes. 

 

 

 

 

 Francisco, 

 

 

 

 

 

 

 

                           Bande-annonce originale  (non restaurée et format non respecté, mais bon.) 

 

 

 

 

 

 

Monter au front

 

 

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1996

2H10

 

Le Blu-ray : Format 2.35 respecté. Le cadre retrouve son ampleur d'origine. La photographie d'Alain Choquart, naturaliste mais aux couleurs profondes, est ici magnifiquement rendu par ce somptueux blu-ray, aux contrastes solides et respectueux du grain cinéma. Deux trois sautes d'images, rien de bien méchant, mais l'ensemble offfre un niveau de détail totalement renversant qui permet une totale et jouissive redécouverte de cette oeuvre nécéssaire

Réalisateur:

Scénaristes:

(dialogue), (screenplay), 2 more credits »
 
 
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* Remise à jour en 2021 d'une chronique de 2016 ...  


25/06/2016
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