FRANCISCOLAND ( à la poursuite du lapin blanc )

FRANCISCOLAND    ( à la poursuite du lapin blanc )

LA LIGNE ROUGE, le grand passage

GUERRE                                      

TERRENCE MALICK 

Parcours d'un cinéaste

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Apocalypse Slow.

Fureur et folie chez Coppola. Poésie et contemplation chez Malick. Dans La Ligne Rouge, La violence de la guerre n'est jamais éludée mais se dilue dans une nature indifférente, filmée comme le jardin d'Eden.  Étrange paradoxe. L'homme souffre et agonise au coeur de la beautée originelle. Le personnage central de Witt est littéralement "chassé du paradis" dès l'ouverture. Clin d'oeil biblique et allégorie de nos tristes conditions d'humains.

 

Sublimer le récit et la réflexion pour accéder à la "perception". Cette démarche imprégnait déjà ses deux premiers films La Balade Sauvage et Les Moissons du Ciel. Mais tout prend place selon moi dans La Ligne Rouge, somptueux film choral.  Au milieu de la cacophonie de la guerre et des suppliques intérieures de nombreux personnages, trône la voix du héros-témoin et messager qui "a vu un autre monde". 

Il traverse et quitte le théâtre de la guerre en ange sacrifié. 

Sa vision poétique, forgée lors de la séquence inaugurale, imprègne l'ensemble du film. 

 

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Ce processus brisant la narration traditionnelle le prive des spectateurs en attente d'une "histoire". Ainsi de film en film la liste de ses détracteurs s'allonge...  Mais cette démarche de plus en plus radicale est totalement libératrice pour ce passionnant créateur qu'est Terrence Malick.

En creusant et explorant ce lâcher-prise et en s'attachant à la sensation, le résultat est souvent virtuose. Quel autre cinéaste aurait pu accoucher de The Tree of Life sans avoir ainsi progressivement "largué les amarres"?

Son film suivant, Le Nouveau Monde, poussera un peu plus loin cette narration éclatée. Une sensation de flottement comme dégagée du corps et au plus proche des âmes.

 

En 2011 c'est l'admirable rupture avec l'ultime et magnifique décrochage: The Tree of Life .

Malick est en orbite, libre et sans entraves. Sa vision prend une dimension cosmique, voir cosmogonique, proprement stupéfiante. Une méditation sur la vie, la mort et le sacré aussi sombre qu'angélique. Une forme de miracle cinématographique que le jury du festival de Cannes présidé alors par l'immense Robert De Niro eut le bon goût de couronner d'une palme d'or. The Tree of Life reste l'oeuvre visionnaire par excellence, se développant sur le fil d'un élan poétique accessible à qui sait s'abandonner.

 

Suit A la Merveille, sombre constat sur l'impossible communion entre les êtres et la fragilité de l'état de Grâce. Rupture avec l'esthétique hors-gravité de The Tree Of Life. A la Merveille reste hors pistes mais reste rivé à une matière abandonnée, comme un film de rushs. Un récit constitué exclusivement "d'espaces oubliés". Ces moments absents du cinéma traditionnel que l'on ne pourrait trouver qu'entre "coupez" et "Action". Une démarche radicale (les critiques du film faisaient peine à lire) mais totalement fascinante et hypnotique pour qui sait s'abandonner.

A ce triste constat de l'amour impossible suivra l'errance amoureuse aussi éblouie que dépressive du personnage du scénariste dans Knight of Cups. Témoin muet mais omniprésent et omniscient la nature signe toujours le dernier mot de toutes les prières de Malick depuis La Ligne Rouge. Il n'est pas question ici d'exrpimer une quelconque ferveur religieuse, l'érudit Malick est bien au-delà de cela, mais bien d'accéder à la dimension sacrée de la vie s'exprimant pleinement dans la nature.

 

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Tous ces moments "d'errances" ou " d'échappées" qui habitent ces films sont accompagnés de lents et fluides travellings comme pour ne rien figer et permettre au spectateur de se sentir glisser dans ce courant... Il faut préciser que deux directeurs photos de génie ont participé à ces épiphanies cinématographiques : John Toll (Braveheart, Cloud Atlas) pour La Ligne Rouge puis Emmanuel Lubeski ( Les Fils de l'Homme, Gravity) pour ses quatre dernières oeuvres comme les prochaines actuellement sur la table de montage...

 

La ligne Rouge s'offre un Blu-ray d'exception. Qualité d'image et de son exceptionnelles. Traitement des couleurs admirable et profondeur de champ vertigineuse. Avis aux éditeurs: Ne manquent plus, en France, que Les Moissons du Ciel pour boucler l'oeuvre de Malick en HD

Si il y a des films qui méritent d'être vus, revus et soigneusement restaurés ce sont bien ceux-là.

 

 

 
 Francisco,
 
 

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Malick Trip     Joel Walden

 

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LA LIGNE ROUGE

1998

2H50

 

LE BLU-RAY :   Splendide d'un bout à l'autre.  Qualité d'image et de son exceptionnelle.  Traitement des couleurs admirable et profondeur de champ vertigineuse. Le génie de Malick servi sur un diamant. Une épiphanie pour tous les cinéphiles.

 

Director:

 

Writers:

  (novel),  (screenplay)

Stars:

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19/07/2014
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