LES HEURES LIBRES

LES HEURES LIBRES

BETTER CALL SAUL, grand art !

Série   Drame   Polar                    
Vince Gilligan & Peter Gould

 

***** 

 

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Ben, voilà.

Netflix, nous a offert un beau cadeau. Un nouvel opus de La Comédie Humaine, façon Gilligan et Gould. À savoir, un retour aux abysses de la lose en développant, creusant, fouillant,  les pathétiques aventures de Jimmy McGill des origines jusqu'à... 

Better Call Saul saison 1, donc. 

Avocat à la petite semaine, magouilleur furieusement attachant, bref, loser magnifique. Essence générique du futur Saul Goodman (pseudo brillamment ringard : "It's all good man!") l'avocat du baron de la drogue, Walter White. Marcher dans les pas du plus puissant électrochoc télévisuel de ces dernières années? Le pari était risqué. Voici donc ma réaction et mon humble analyse, au terme de dix heures passées en compagnie de "slipping Jimmy". Quitte à la jouer "prequel", d'abord le verdict : Better Call Saul remporte la mise en refusant le combat.

Ok, Je vais m'expliquer.

 

 

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Malgré une introduction directement rattachée au chaudron originel,  le caméo savoureux d'un allumé de Breaking Bad et la présence nonchalante et magnétique du personnage de Mike Ehrmantraut, oubliez le principe du gouffre qui s'ouvre sous vos pieds et vous jette en enfer. Better Call Saul Saison 1 flâne, prend son temps, soigne le moindre détail, saisit le moindre frémissement des visages et se paye même le luxe de tourner en rond. Enfin, en apparence .... (chaque détail compte) Pas d'intrigue scotchante ni de twists ravageurs, pour le moment, qui vous feront hurler à chaque fin d'épisode. L'addiction est beaucoup plus subtile, voir profonde. Parce que sous quelques accents de comédie plane la tragédie ordinaire. L'humain et ses fragilités, ses compromis et trahisons confortables. L'écriture du créateur Vince Gilligan avance toujours un pied dans l'ironie, l'autre dans les ténèbres. On comprend pourquoi les acteurs se régalent à incarner leurs personnages sur une partition aussi riche et subtile. Le grand pied ici est dans le jeu. L'arnaqueur a vite fait de nous bluffer. Nous sommes au théâtre et au premier rang.

Après le bruit et la fureur savourez ces contes de la folie ordinaire. Vous entrez en littérature. Une lenteur idéale s'installe rapidement, pour savourer la chair de dialogues extraordinaires et s'imprégner de la profonde et élégante mélancolie qui se dégage de l'ensemble. Et? 

Et c'est le fantôme de Raymond Carver qu'ils réveillent ici. Surtout lors des confrontations entre Saul et son grand frère Chuck, l'avocat modèle de droiture. Le tragique se mêle alors au pathétique avec une violence sourde qui récure à coeur notre âme fragile de téléspectateur. Malgré tout, Better Call a le désespoir poli. Drôle et . Élégant. Plus que jamais, un sourire élégant plane comme un aigle royal sur le triste paysage humain exposé par cette lente mise à mort des dernières illusions. 

Les racines du mal servies en douce infusion. Ça vous tente?

 

 

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Better Call Saul is alive. Les acteurs irradient. Tous excellents. Excepté Bob Odenkirk, Rhea Seehorn et Jonathan Banks, qui,  eux, sont littéralement stupéfiants. Ce n'est pas une surprise. Ils apportaient déjà cette salutaire bouffée d'oxygène dans l'étau de Breaking Bad. 

Et puis, bien sûr, Better Call Saul décolle grâce à cette somptueuse réalisation au cadres chirurgicaux, à cette fascinante permanence des espaces vides (Edward Hopper es-tu là?) mon tout transcendé par un montage d'horloger et une B.O d'une classe folle. 

C'est lent, c'est bon, c'est beau, c'est drôle, c'est triste. Mais le concept peut-il survivre à plus d'une saison? Nous verrons...  mais je ne suis pas inquiet puisque d'emblée, la leçon s'impose. Better Call Saul a ce point commun avec Breaking Badnous rappeler en ricanant, que la vie est un truc d'abord marrant puis rapidement terrifiant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'heure du bilan                                                                                              saisons 1 à 6 

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Sept ans ont passé.

Déjà. Et voici qu'un grandiose et déchirant final boucle aujourd'hui cette phénoménale galerie de portraits. Un point final à la saga Breaking Bad qui s'achève d'une manière aussi sobre que magistral dans un noir et blanc flamboyant. (Je vais spoiler au minimum. Vous avez obligation de vous y mettre si vous n'avez pas encore savouré cette éblouissante leçon d'écriture)

Un immense merci à Vince Gilligan et Peter Gould. Gould étant le vrai papa du personnage de Saul Goodman, c'est à lui que revient la signature de l'épisode final. Réalisation au cordeau et sans effets au service d'acteurs et d'actrices au sommet de leur art. Rideau. Chapeau bas.

 

Que dire sur ces six saisons qui s'achèvent dans un silence de Jugement Dernier.

L'intrigue n'a cessé de monter en puissance et que les personnages ont acquis une épaisseur et une densité totalement addictives. Les enjeux narratifs devenant vertigineux pour un regard sur notre humanité totalement universel.

La mise en scène n'est jamais prise en défaut. Plans-séquences, plan fixes, plans d'ensemble, toujours au service du propos et stylisés à l'extrême, montage à ronronner de plaisir, le spectacle déroule du velours. BO d'enfer blindée de standards de la meilleure Soul. C'est bien simple, Better Call Saul dans sa forme, son jeu, sa musique et son rythme s'impose comme une nouvelle série de référence qui creuse pas mal de tombes, à savoir : la quasi-totalité de la concurrence dont celle du cinéma. 

 

Phénoménale galerie de personnage.

Les acteurs sont rois. La complicité du couple Saul Goodman/Kim Wexler (Odenkirk/Seehorn) enflamme l'écran. Un flow qui nous accompagne jusqu'au Valhalla du jeu. Il suffit de zapper pour s'en rendre compte. La plupart des films et séries actuelles nous balance à la gueule une qualité d'interprétation de telenovelas. Tics mimiques et clichés de jeu insupportables. Pas là. Ce duo est désormais légendaire. Ils signent une des plus grande page de l'histoire de la téloche. Loin, très loin devant Jonathan et Jennifer. Injecté en intraveineuse dans nos cellules en ébullition, l'addiction à leur quotidien en suspension au dessus du gouffre est définitive. D'autres, se révèlent au fil des saisons. Le jeune Michael Mando, dans le rôle de Nacho Varga, va progressivement vous briser le coeur tandis que l'incendiaire et jouissif cabotinage de Tony Dalton dans celui du terrifiant Lalo Salamanca vous filera d'éprouvantes séquences d'apnée.

Du grand art, partout et sur tous les plans.

Depuis quand, sur grand ou petit écran, n'ais-je pas pris autant mon pied devant une telle richesse dans l'art du "conte de notre folie ordinaire" assaisonnée d'un humour macabre et d'une mise en image aussi virtuose et limpide??? 

 

Les derniers épisodes ferment l'arc temporel sur un mode (en apparence) mineur. Mais la dimension naturaliste prend son envol et la série, sur un rythme hypnotique, prend sa pleine dimension. Celle d'un drame intime autant qu'universel, fascinant et totalement bouleversant. Trajectoire à la fois grandiose et pathétique et histoire d'amour dysfonctionnelle. Un résumé de la vie, quand elle est vécue. Le constat pour les humbles téléspectateurs que nous sommes s'impose: contrairement au Covid, et tout comme pour Breaking Badon ne se remettra pas de Better Call Saul !

 

Nous voici tous orphelins. 

En attendant patiemment la prochaine création de deux authentiques génies (du septième art, on peut le dire) : Peter Gould et Vince Gilligan.

Ouais, merci. Vraiment.

 

 

 

 Francisco,

 

 

 

 

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2015 - 2022

10 x 60 mn

 

 

DIFF UHD 4K :  Netflix permet à tous les primo-accédants aux nouveau écrans UHD 4K de savourer une image détaillée à l'infini aux couleurs profondes, aux noirs abyssaux. Les tableaux nocturnes à la "Hopper" vont feront ronronner doucement. L'ouverture de la série offre des noirs et blancs à tomber.

 

 

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06/10/2015
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