FRANCISCOLAND

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LES ANGES DE LA NUIT comme une bonne odeur de clope

POLAR 

PHIL JOANOU

 

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Je ne vais pas en faire une tartinée mais disons que dans la précieuse catégorie des films qui ne sont pas des chefs-d'oeuvre mais que l'on aime garder près de soi, ce polar "seventies" de 1990 tient une place de choix.

 

D'abord :

Le casting;

Trente ans après, l'affiche a prit du galon

Sean Penn, alors en plein embrasement, Gary Oldman, toujours phénoménal et imprévisible dans ses rôles de chien fou; Ed Harris, magnétique, Robin Wright imposant sans peine son élégance au milieu de ce paysage de petites frappes et de parrains de seconde zone. Ouais, je sais, ça impressionne.

 

Et ce n'est pas fini.

On n'oublie pas les secondes rôles de premier choix comme John C.Reilly, John Turturro, James Russo avec en prime une émouvante apparition du bon vieux Burgess Meredith (l'ange gardien de la saga Rocky).

Alors, voir un tel festival de gueules de cinoche ne peut que ravir . Sachant que chacun ici fait le job avec conviction, le film abrite, inévitablement, une belle collection d'intenses moments de jeu. 

 

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Et puis, il y a l'image

Cette bonne vieille texture cinoche.

Visuellement, l'hommage aux seventies est omniprésent.

Des décors du Little Italy, du Bronx et d''un Manhattan aujourd'hui disparus sous le grand toilettage des années 90 et 2000, à la photographie du chef-op de Blade Runner aux nuits profondes et humides, ces Anges de la Nuit ont aujourd'hui encore fière allure, exhibant cette noble texture argentique sus-citée dans un écrin Blu-ray plutôt correct (à défaut d'offrir une restauration pointue). 

 

Cette patine fait tout le charme d'un polar hélas...

imparfait.

Je me dois ici d'être honnête et de laisser tomber, pour une fois, ma propension naturelle à l'emphase. Non, je ne puis parler de chef-d'oeuvre tant l'intrigue, jamais transcendée, reste trop souvent prévisible. Certains dialogues alignent parfois tous les clichés lourdingues souvent collés au genre.

Et puis, ATENTION DEMI-SPOILER ! il y a ce gunfight final à la John Woo (on ne disait pas encore Tarantinesque), qui après deux heures d'une méritoire et élégante sobriété semble totalement hors-sol. (que j'ai du mal avec les ralentis...)

 

C'est un peu le souci des Anges de la Nuit. À la fois film-hommage, polar semi-poisseux, et film de mafia souffrant aujourd'hui de la comparaison avec l'univers jubilatoire et fascinant des Soprano ou des Affranchis (sorti la même année et condamnant ces Anges au semi-oublice film du réalisateur attitré des concerts et clips de U2 peine a dégager son propre chemin. Le scénario a du bide et l'ensemble souffre d'un petit manque de caractère.

 

Alors, que reste-il aujourd'hui des Anges de la Nuit?

Ce casting de fou.

De très beaux moments d'acteurs (côté coulisses, le tournage a vu éclore l'union sacrée et incendiaire Wright/Penn. Il y a des regards et des sourires qui ne trompent pas) 

Et toute cette "matière filmique" encore vivante et vibrante qui ravira les nostalgiques de ces polars arrosés de bières et qui sentaient la clope.

Soyons bienveillants, il convient de saluer ce beau geste d'éditeur qui vient de m'offrir d'émouvantes retrouvailles avec les séances ciné de mes jeunes années.

 

Ouais, en art, la nostalgie est un puissant remontant...

 

 

 

Francisco, 

  

 

 

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LES ANGES DE LA NUIT

(STATE OF GRACE)

1990

2H10

LE BLU-RAY : Pas de remasterisation en profondeur, quelques pétouilles et points blancs ici et là, mais une précision et un niveau de détail plutôt agréables. Même si l'étalonnage couleur et le respect du grain servent dignement la photographie très "seventies" du chef-op de Blade Runner Jordan Cronenweth, une restauration plus pointue en aurait servi toutes les subtilités.

Mais ne boudons pas le plaisir. Ce Blu-ray étant inespéré on peut saluer l'effort d'édition et une sensation d'ensemble vraiment confortable à l'oeil.

Liens IMDB

Director:

 Phil Joanou

Writer:

 Dennis McIntyre
 
 
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26/11/2019
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