LES AILES DU SOIR

LES AILES DU SOIR

24 HEURES AVANT LA NUIT, la Sixtine de Spike Lee

DRAME                                                                

SPIKE LEE

 

 

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Rebaptisée en France "24 heures avant la nuit" 25ht Hour est un formidable requiem.

 

Historiquement, nous tenons là le premier film de fiction tourné à New-York après les attentats du 11 septembre. Spike Lee eut l'intelligence d'intégrer à son scénario ce drame d'une ampleur symbolique et psychologique dévastatrice dans un fabuleux un générique d'ouverture et une séquence tétanisante située au coeur du film car, dans le fond, cette 25ème Heure ne parle pas d'autre chose. 

 

Il s'agit bien d'un récit sur la fin de l'insouciance et de l'insolence d'une "American way of life", accrochée à ses illusions de puissance et de réussite.

Nous vivons les 24 dernières heures de liberté d'un petit dealer, impérial Edward Norton (à mon sens ici dans son meilleur rôle après l'écrasant Fight Club). Un caïd qui, sans violence,  a bâti sa seule richesse sur le trafic de drogue sans jamais mesurer ni anticiper les conséquences d'un tel choix.

 

 

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À 24h de rejoindre la prison, c'est l'heure du bilan. 

Dernière balade avec son chien, puis dernier repas avec son père, royalement campé par le solide et émouvant Brian Cox. Dernière soirée avec ses potes d'enfance: Un professeur esseulé, l'intense et regretté Philip Seymour Hoffman. Un trader arrogant, magnétique Barry Pepper. Et cette question qui le hante... Sa compagne, la sublimissime Rosario Dawson,  l'a t'elle dénoncé aux flics? Refoulant sa peur, le personnage de Monty marche inexorablement vers la fin de son monde, sur une somptueuse B.O signée Terence Blanchard (collaborateur régulier de Spike depuis Jungle Fever et Malcom X), un magnifique tempo de marche funèbre décliné sur tous les tons.

 

Première oeuvre, je le disais, tournée à New-York intégrant le drame du 11 septembre, la dimension d'une tragédie universelle s'instaure dès l'ouverture. Interroger la vérité et la place des êtres dans un monde voué au chaos. Global et irréversible mouvement entropique de l'existence. L'amour, l'amitié, apparaissent comme des valeurs floues et sans cesse remisent en question. Rien de particulièrement explosif ne se passe mais tout est viscéral. La violence est diffuse. Omniprésente. Chacun, et le magnifique personnage de Norton en premier, y dévoile ses failles et paradoxes. Rien n'y est noir ou blanc. La vérité reste grise, invisible ou double. À l'image du puissant monologue haineux de Monty. Seul, face à son reflet dans la glace des toilettes d'un Bar. Une décharge de colère à l'égard de toutes les cultures et religions qui peuplent sa Big Apple. Au final, derrière ce déferlement de rage, surgit alors une vibrante déclaration d'amour à New-York et son prodigieux melting-pot. La seule richesse qui vaille et va bientôt lui échapper. L'amertume et les remords désignent alors un seul coupable...

Ce prodigieux monologue constitue un des nombreux tours de force d'écriture de ce très grand film. Acte de naissance d'un grand scénariste : David Benioff. La future plume qui allait prodigieusement adapter la Shakespearienne épopée d'HBO : Game of Thrones.

 

Je m'arrête là car il faut impérativement découvrir ou redécouvrir cette oeuvre pivot du cinéma américain de l'après-11 septembre. La marche de Monty résonne ici comme la fin des lendemains qui chantent. Celui du doute et de la fondamentale intranquillité.

Ce monde à l'avenir incertain dans lequel nous barbotons aujourd'hui..

  

 

 

 Francisco,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Import US

 

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25th HOUR

2002

2H15

LE BLU-RAY : Magnifique. Aspect argentique respecté. De la matière, couleurs profondes et contrates puissant. Le bon grain 35m mais un niveau de détail qui offre une belle redécouverte de ce joyau.

Director:

Writers:

(novel), (screenplay)

 

 

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11/03/2015
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